Opéra de Budapest : une saison 2020-2021 placée sous le signe de la France

Le lieu, tout d´abord. Pour nous présenter la prochaine saison, Szilveszter Ókovács, Directeur général de l´ Opéra, a choisi son dernier né, l´Atelier Eiffel qu’il semble particulièrement chérir, à juste titre, Déjà présenté dans ces colonnes, ce nouvel espace constitue un troisième site, aux côtés de la salle classique de l´avenue Andrássy (en rénovation) et du Théâtre Erkel. Un vaste hall décoré pour l´occasion par un habile jeu de lumières aux couleurs de la France. Car c´est sous le signe de la France que sera placée cette nouvelle saison 2020-2021.

La langue hongroise, un divertissant livre d´images

À qui se lance dans l´étude d´une langue étrangère, je recommanderais, au-delà de l´apprentissage du vocabulaire, de se lancer dans la familiarisation avec les expressions locales. Succès garanti auprès de vos partenaires. De plus, distrayant et motivant.  Des expressions qui foisonnent dans toutes les langues, mais dont les Hongrois semblent particulièrement friands. Souvent significatives de la mentalité de ses locuteurs, mais pouvant aussi relever d´emprunts. En tous les cas, qui valent la peine d´être débusquées.

Budapest : Elisabeth Leonskaïa, Iván Fischer et ses musiciens complices d´un soir…

Concert Beethoven-Dvořák Née en Russie (Géorgie), la pianiste Elisabeth Leonskaïa réside à Vienne depuis 1978. Vienne d´où elle aime apparemment se rendre en voisine à Budapest pour s´y produire, notamment avec Iván Fischer et l´Orchestre du Festival (BFZ). Tel est le cas de trois concerts donnés en cette fin de novembre dans le cadre d´une série Beethoven-Dvořák. Au programme : de Dvořák Légende op. 59, une danse slave et un chœur, en première partie, la 7ème symphonie en seconde partie. De Beethoven les 4ème et 5ème concertos. Il est probablement inutile de présenter ici Elisabeth Leonskaïa qui figure sans nul doute parmi les grands noms du piano sur la scène internationale. Il nous suffira de rappeler qu´elle se lia avec Sviatoslav Richter avec qui elle se produisit fréquemment en duo. 

Hongrie : quand les démons reviennent au galop

Réhabilitation de l´amiral Horthy Le 16 novembre 1919, l´amiral Horthy entrait triomphalement dans Budapest, consacrant ainsi l´écrasement de la Commune hongroise (République des Conseils) (1). Moins de quatre mois plus tard, le 1er mars 1920, l’Assemblée élisait Horthy „régent du royaume” pour une période indéfinie.  Il est vrai que les meneurs de la Commune, sous la férule de Béla Kun, avaient semé la terreur autour d´eux. Une „terreur rouge” néanmoins suivie d´une „terreur blanche” tout aussi redoutable. Mais bon, il avait, aux yeux de, beaucoup, „délivré” le pays d´une dictature communiste. Est-ce une raison suffisante pour le célébrer, 100 ans après en héros ?

1989-1990. Qui se souvient encore du Premier ministre hongrois Miklós Németh? Et pourtant..

Une expérience qui serait intéressante à tenter : interroger dans les rues de Budapest les passants pour qu´ils nous citent les noms de ces deux hommes politiques hongrois qui, à dix ans d´intervalle, furent les plus jeunes Premiers ministres de leur temps. Sans nul doute, beaucoup nous répondraient sans hésiter pour l´un : Viktor Orbán, Premier ministre à 35 ans en 1998, pardi ! Et pour l´autre ? Je donne à parier que bien peu sauraient répondre : Miklós Németh, Premier ministre à 40 ans en 1988. Et pourtant…