Le Konzerthaus de Vienne et moi

Le Konzerthaus de Vienne et moi

Konzerthaus

J'y suis arrivée par pur hasard. Je rêvais du Musikverein depuis des années : je voulais voir son magnifique intérieur doré, le « sanctuaire » de l'Orchestre philharmonique de Vienne, le lieu de tant de concerts que j'avais vus à la télévision. Mais cela ne s'est jamais concrétisé. J'en étais pourtant à deux reprises à portée de main, sans succès.

Cependant, une amie qui vit à Vienne m'a invitée à un concert au Konzerthaus. Comme c'était la première fois que Vasmacs s'y produisait, j'étais préparée.

Le bâtiment est sobre, élégant, d'une beauté classique authentique. La grande salle peut accueillir 1 800 spectateurs simultanément, soit à peine moins que notre salle du MÜPA. Le bâtiment compte 600 salles, dont la salle Mozart de 700 places, la salle Schubert de 320 places, idéale pour les concerts intimistes, et la salle Berio de 400 places, construite en 2009 et nommée en hommage à Luciano Berio (1925-2003), l'un des plus grands innovateurs musicaux du XXe siècle.

Le slogan de l'institution, « tradition et modernité », est parfaitement justifié.

Konzerthaus

Le bâtiment a conservé son aspect traditionnel et dégage confort et élégance. Les rénovations ont permis d'intégrer des technologies modernes pour la scène et le son, et surtout, l'acoustique des salles de concert est exceptionnelle.

Le Konzerthaus de Vienne a été inauguré le 19 octobre 1913 avec une œuvre commandée par la Société du Konzerthaus à Richard Strauss, l'un des plus importants compositeurs de l'époque. C'est alors et pour cette occasion que fut créé le Prélude festif, op. 11. Le premier morceau, la Symphonie n° 61, fut joué, suivi de la Fantaisie et Fugue en sol mineur, BWV 542, de Bach, pour orgue, instrument qui s'inscrivait également dans l'idée de « consécration du lieu ». Enfin, fut interprétée une œuvre considérée, hier comme aujourd'hui encore, comme l'essence artistique et intellectuelle du classicisme viennois, un hymne à la réconciliation de l'humanité avec elle-même : la Symphonie n° 9 de Beethoven. Egon Seefehlner, secrétaire général de la Société du Konzerthaus de Vienne de 1946 à 1961, résuma ainsi la nouvelle orientation artistique du Konzerthaus, plus ouverte, en vigueur depuis le concert inaugural : « Attaché à la tradition, ouvert à la nouveauté. » Aussi surprenant que cela puisse paraître, cette devise simple a depuis lors guidé la programmation de la Société du Konzerthaus.

Katalin Gillemot

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