Edito

» Représenter l’irreprésentable «

Quand la chronique du cinéma est à la une

Chères lectrices, chers lecteurs,

Cette année, la grande révélation au Festival de Cannes - c'était un film hongrois, Le Fils de Saul, le film de László Nemes qui a remporté  le Grand Prix du Festival ainsi que le prestigieux prix FIPRESCI des critiques de cinéma.

Le film représente un chapitre mal connu de l’horreur des camps de concentration – et cela par un approche unique dans la représentation de l’Holocauste au cinéma. C’est un jeune réalisateur qui a passé la moitié de sa vie en France, mais retourne en Hongrie pour raconter l’extermination des Juifs Hongrois, dans un nouveau langage cinématographique elliptique et centré sur les visages.

La relation Homme/technologie en question aux Abattoirs de Toulouse, œuvres hongroises incluses

À l'occasion de l'exposition Suspended Animation, À corps perdu dans l'espace numérique, les Abattoirs, lieu emblématique de la vie culturelle toulousaine, hébergent jusqu'au 26 novembre 2017 des créations aux supports divers. Plusieurs travaux d'artistes magyars sont accrochés sur les murs du musée. Questionnant le postulat antithétique d'une « réalité virtuelle », Suspended Animation contraint ses spectateurs à faire face aux absurdités des nouvelles technologies.

16-17 juillet 1942, sinistre anniversaire: la rafle du Vél d’Hiv (1)

Les 16 et 17 juillet 1942, plus de 13 000 Juifs de France, dont 4 000 enfants, furent envoyés dans les camps de la mort. Des Juifs arrêtés à Paris non par des soldats allemands, mais bel et bien par leurs compatriotes, des policiers français (la tristement célèbre rafle du Vél d'Hiv). Une honte qui sera difficile, voire impossible à laver totalement. Probablement l’un des pires épisodes de notre Histoire.

Europe, droits de l’homme et démocratie

 

Au terme de son mandat de député et de rapporteur de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe sur l’application des arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme, Pierre-Yves Le Borgn’ a présenté devant les parlementaires des 47 pays membres le fruit de deux ans de travail. Un rapport qui démontre toute la complexité du fonctionnement concret du système de protection instauré sur la base de la Convention européenne des droits de l’homme. Nous avons voulu évoquer avec lui la cause des droits et libertés et les situations particulières, comme celle de la Hongrie, qui perduraient malgré les protestations les plus vives.

JFB : Votre rapport est le neuvième en une vingtaine d’années. Comment percevez-vous l’évolution de l’application des arrêts de la CEDH sur cette période ? Assiste-t-on à une dégradation de l’autorité de la Cour ?

Pierre-Yves Le Borgn’ : Il est avant tout important de préciser que la grande majorité des arrêts de la CEDH sont appliqués par les Etats concernés. Tous ne donnent pas lieu à des batailles au sein du Comité des Ministres, Dieu merci.

Sándor Erdei et le combat de la caricature hongroise

Le centenaire du caricaturiste hongrois Sándor Erdei fut célébré à la Maison de la Presse autour d’une exposition de son œuvre. Cet événement est l’occasion de se pencher sur la situation de la caricature dans le pays, sa présence, son impact et sa liberté.

Lire entre les lignes

Le talent de dessinateur de Sándor Erdei se révèle très tôt. Né en 1917, il réalise ses premières caricatures à l’âge de 15 ans et gagne de l’argent en vendant ses créations dans son village. Son éducation artistique commence aux Beaux-Arts de Belgrade, où il est l’élève d’un des plus grands peintres de la Yougoslavie, Petar Dobrović, de 1937 à 1940. Puis ce sera les Beaux-Arts de Budapest en 1941, sous la tutelle du peintre István Boldizsár, où il consolidera sa technique. Sa carrière est lancée à la fin des années quarante, lorsque le journal Grimasz publie ses premières caricatures. Il travaille ensuite pour le quotidien Szabad Nép, puis pour l’hebdomadaire littéraire et culturel Élet és Irodalom.

Le destin de Rajvinder Singh

Et ses poèmes incarnant la tolérance  

C’est à la maison des écrivains de Budapest que le poète Rajvinder Singh a donné rendez-vous au public. Ses poèmes existent déjà en anglais et en allemand. Cette fois-ci, ses œuvres littéraires sortent en hongrois en attendant la traduction française.

Versant autobiographique

C’est en tant que « Stiefmuttersprache », (langue belle-mère) que Rajvinder Singh a adopté l’allemand. Le poète et écrivain d’origine indienne a quitté sa terre natale à l’âge de 16 ans lorsque son père l’a mis à la porte, alors que Rajvinder Singh s’opposa à lui. Son père issu d’une famille aisée voyait son premier fils, chainon fondamental de la famille, exercer le métier de médecin. Contrairement à la tradition indienne où le premier fils doit réaliser les vœux du père, Rajvinder, du haut de ses 16 ans rêve d’une carrière littéraire. Il part pour la Hollande avec l’aide d’amis néerlandais. Les Pays-Bas s’avèreront en fait simple lieu de passage pour rejoindre Berlin. Le Goethe-Institut offrait des possibilités d’apprentissage de langues. Dans son pays d’accueil, Singh garde des enfants et fait des ménages pour se créer une existence et commencer à poursuivre ces études autant rêvées : des études littéraires.

François Cadilhon : Les Montesquieu après Montesquieu. Tenir son rang du XVIIIe au début du XXe siècle (1)

L’auteur de cette importante monographie sur les Montesquieu qui continuent la tradition familiale après la mort du romancier et philosophe est François Cadilhon, éminent historien, expert de l’histoire européenne des XVIIIe-XIXe siècles, qui se consacre à la recherche de cette époque dès le début de sa carrière. Parmi ses nombreuses publications, il faut évoquer celles qui sont rattachées à l’évolution de son université  (Bordeaux 3, Michel de Montaigne) où il est professeur et directeur de recherches. Il avait organisé, en collaboration avec certains de ses collègues un grand nombre de colloques dont récemment une rencontre internationale sur le sujet de la censure. Les actes de ces colloques et des recueils d’études assurent la diffusion dans les milieux universitaires et académiques les résultats des travaux scientifiques effectués à l’Université. François Cadilhon porte un grand intérêt à l’histoire et à la culture de l’Europe Centrale, ce dont témoigne sa synthèse sur la Hongrie traitant l’époque entre 1450 et 1850 (La Hongrie moderne, Pessac, 2005). Il a tout récemment publié avec l’aide de sa collègue hongroise Ring Eva l’article consacré au culte de la Vierge en Hongrie de la fin du Moyen-Age à nos jours dans le Dictionnaire historique de la Vierge Marie (2).

Image de la France en Hongrie ou la culture française dans les manuels scolaires après Trianon

Rencontre avec Catherine Tamussin

Catherine Tamussin a porté jusqu’en Grèce l’exemple de la Hongrie à l’occasion du colloque international de la SIHFLES qui s’est tenu à Athènes en mai dernier sur la culture dans l’enseignement du français. Dans son étude, elle a révélé un chapitre jusqu’ici très peu exploré, où l’on voit que, même au cœur d’une période de vives tensions entre la France et la Hongrie après la signature à Trianon du traité de paix qui a tant amoindri le pays magyar, l’image de la culture française dans l’enseignement n’en est pas moins restée positive car porteuse de valeurs universelles.

Catherine Tamussin a reçu la médaille Aurélien Sauvageot pour l’amitié franco-hongroise.

Nous l’avons rencontrée après son retour du colloque.  

L’héritage culturel de Jacques Leonard

Récits et photographies de la vie bohémienne à Barcelone

Souvent méconnue du grand public, la culture de ceux qu’on appelait autrefois « Bohémiens » fut le thème d’une soirée projection (deux films) début-juin à l’Institut Français par Romedia. Sa directrice, Katalin Bársony, souhaitait réunir les influences de trois réalisateurs de nationalités différentes mais d’origine commune, puisqu’ils sont issus de la communauté rom.

« Jacques Leonard : El Payo Chac » l’un des films présentés à la soirée, dresse le portrait du personnage singulier qu’est Jacques Leonard. Le projet cinématographique, conçu à partir de ses mémoires et ses 3 000 négatifs de roms barcelonais s’avère être une véritable autobiographie et un héritage unique, de par sa rareté et son originalité.

B comme Bordeaux, Berlin… et Budapest

BKL 8, ou Budapest Kultur Lab, à l’assaut de Budapest. Trente-six étudiants en première année de master journalisme étaient en immersion dans la perle du Danube du 8 au 16 mai afin de réaliser reportages vidéos et portraits. Objectif du projet ? “Délivrer un instantané culturel de la capitale hongroise”.

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