Les défis de l'Alliance Atlantique

Rencontre avec Charles Gati à Budapest

 

Alors que l’Alliance atlantique célèbrait son 60e anniversaire à Strasbourg - Kehl- Baden-Baden, fêtant avec quelques heurts... le retour de la France au sein du commandement intégré, un colloque international s'est tenu à Budapest, marquant les 10 ans de l’élargissement de l’OTAN, processus grâce auquel la Hongrie avait adhéré à l'organisation. C’est dans le cadre solennel de l’ancienne chambre haute du Parlement hongrois que Charles Gati, professeur renommé de l’Université Johns Hopkins à Washington, s'est exprimé et que nous l'avons rencontré.

Charles Gati a parcouru un long chemin depuis 1956. Il était alors tout jeune journaliste lorsqu'il a quitté sa Hongrie natale, en fuyant par l’Autriche et avant de gagner les Etats Unis où il a fait une brillante carrière. «C’est un sentiment très fort que de parler au Parlement de Budapest dans ce nouveau contexte stratégique d’une Hongrie intégrée dans les structures de sécurité» - a-t-il exprimé devant les invités présents dans l'hémicycle.

Sur la révolution de 1956 il a publié un livre très important Illusions perdues, paru notamment en anglais et en hongrois (il n’est malheureusement pas traduit en français), où il s’appuie sur ses propres expériences et sur une quantité impressionnante d’archives et d’interviews à travers le monde, pour retracer l'événement. Il y dessine notamment un portrait précieux et peu habituel du leader de la révolution, Imre Nagy. Dans cet ouvrage, Charles Gati analyse les raisons de l'échec de la révolution tout en revenant sur les tendances qui imprègnent la vie politique hongroise, de 1956 à nos jours.

Il a eu la chance d'être aidé et soutenu dès son arrivée aux Etats- Unis où il pu suivre des études à l’Université d’Indiana. Il y a passé un doctorat sur les relations internationales, son sujet de prédilection qu’il enseigne depuis dans les plus grandes universités américaines. L’administration Clinton a également fait appel à ses connaissances en la matière et lui a confié un poste de haut conseiller au Département d'Etat en 1993. Mais il est surtout fier de ses centaines d’anciens étudiants, devenus de véritables experts des relations internationales – certains ont occupé des postes importants dans l’administration américaine. Dans la discussion, il évoque des souvenirs de cette époque où très peu de gens, à Washington, pensaient à l’élargissement de l’OTAN. C’est le ministre des Affaires Etrangères américaine, Madeleine Albright, et Vaclav Havel qui ont lancé l’idée auprès de Clinton en 1993. Les différents leaders politiques européens étaient toutefois partagés à ce sujet. L’élargissement a tout d'abord été proclamé à Bruxelles puis à Prague, où il a été annoncé par Clinton.

Charles Gati estime qu'il c’est un moment important que d’avoir réuni dans ce colloque récemment organisé à Budapest tous les protagonistes des gouvernements hongrois successifs qui ont pris part actif dans le processus. Toutefois, outre le défi que représente de nouvelles adhésions, comme celles de la Croatie et de l’Albanie, l'OTAN doit faire face à de nouveaux challenges, en particulier en Afganisthan.

Éva Vámos

 

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