« L’intrigue découverte »

Le merveilleux, la magie et l’enchantement, ce sont bien les maîtres mots de l’exposition consacrée à Farkas Kempelen, génial inventeur du XVIIIe siècle, ainsi qu’aux artistes contemporains influencés par ses étonnantes machines.

L’exposition passe en revue ses réalisations les plus célèbres et les oeuvres d’art contemporain inspirées par ses inventions. En effet, depuis le siècle des Lumières, écrivains, musiciens et plasticiens n’ont cessé d’être fasciné par les machines de Farkas Kempelen. Parmi celles-ci, les grandes vedettes de l’exposition sont deux de ses réalisations les plus renommées : Le Turc mécanique et La machine à parler.

Le Turc mécanique est un automate au charme désinvolte doté de la faculté de jouer aux échecs. Il avait fait la une des chroniques dans l’Europe entière dès son apparition en 1770, et ses tournées dans les cours royales et impériales furent particulièrement remarquées (il aurait même battu Napoléon !). Invention géniale d’un canular devenu célèbre : à l’intérieur de cette machine c’est en fait un homme, excellent joueur d’échecs, qui dispute les parties. Après la mort de Kempelen, les nouveaux propriétaires de la machine font la conquête des Amériques avant qu’elle ne soit détruite.

Habilement reconstitué, ce Turc singulier, que nous retrouvons aujourd’hui à Budapest, parvient par sa seule présence à traduire une ambiance d’antan, un charme suranné mais toujours fascinant.

Avec La machine à parler, Kempelen quitte l’univers illusionniste pour celui de la science. Cette machinerie est le résultat de recherches ambitieuses et avait ouvert en son temps de nouvelles perspectives en matière de phonétique et d’intelligence artificielle. Car Kempelen n’était pas un simple prestidigitateur, bien au contraire. Doté d’une grande culture polytechnique, il avait dirigé des travaux de grande envergure dans l’Empire des Habsbourg. Conseiller, chevalier, ingénieur, directeur d’une mine de sel et amoureux des arts, l’homme était éclectique. Parmi ses autres inventions, citons encore une machine à écrire construite pour une musicienne aveugle.

Son esprit ludique et ses inventions ont depuis toujours inspiré les artistes. C’est en ce sens que le Mücsarnok a choisi de présenter un vaste panorama d’oeuvres s’inspirant de Kempelen.

Robots interactifs venus d’Australie, sculptures, photographies, courts-métrages mais aussi installations et film, comme celui co-réalisé par Péter Forgács et György Jovánovics. Ce dernier décline en effet, depuis de nombreuses années, des photos et des installations qui sont autant de variations autour de l’art de Kempelen… l’enchanteur.

Éva Vámos

 

Adresse : Mûcsarnok, Budapest, Hôsôk tere jusqu’au 28 mai

Inauguré dans le cadre du Festival de Printemps par la Fondation C3 et la ZKM de Karlsruhe

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