L’Égypte au temps de Flaubert

L’Égypte et les Amériques sont mises à l’honneur au Mai Manó Ház, la maison hongroise de la photographie, où les expositions Egypt at the time of Flaubert / Documents of early travel photography 1839-1860 et Pál Rosti : Travel notes from America, trôneront fièrement jusqu’au 4 octobre 2020.

Un hommage au daguerréotype

L’exposition présente des daguerréotypes datant du milieu du XIXème siècle. Ils tirent leur nom du français Louis Daguerre, qui, avec Nicéphore Niépce, a mis au point le procédé d’enregistrement et d’affichage des images en 1835. Le daguerréotype représentait alors une véritable révolution dans le monde de la photographie puisque grâce à lui, les images demeuraient intactes, ne s’effaçant plus comme auparavant sous l’effet du temps et de la lumière. Les ateliers photographiques se multiplièrent à Paris puis en Europe, popularisant ce procédé de capture révolutionnaire.

La maison hongroise de la photographie a ainsi compilé des daguerréotypes datant à partir de 1839, soit de l’année où Daguerre breveta son invention, à 1860. Les artistes présentés comptent le photographe et ami de Flaubert Maxime du Camps, mais aussi Félix Teynard, l’industriel Louis le Clercq, l’anglais Francis Frith, mais également des artistes anonymes qui ont tous pour point commun le voyage en Egypte. D’ailleurs, le nom même de l’exposition fait référence au Voyage en Égypte du célèbre écrivain Rouennais Gustave Flaubert, qui se fera connaître plus tard pour avoir écrit Madame Bovary, Salammbô, et L’éducation sentimentale, entre autres.

A présent, il est possible de suivre les traces de Flaubert, de son compagnon de voyage Maxime du Camps, ainsi que celles des autres photographes et égyptophiles européens dans leur voyage au-delà des mers au travers des murs adornés de Mai Manó Ház.

Initiation à l’égyptomanie

L’exposition l’Égypte au temps de Flaubert propose un voyage au-delà de la Méditerranée, au-delà des époques aussi, puisqu’elle ouvre les portes de l’Antiquité à travers l’objectif de photographes du XIXème siècle. Tout au long de la visite s’enchaînent des clichés de paysages naturels et architecturaux. Tantôt les rues poussiéreuses du Caire, tantôt les colonnes et sculptures de temples, puis des pyramides, des horizons rocheux… les images nous transportent aux côtés des voyageurs, face à ces visions figées dans le temps et dans l’espace. Ces témoignages du passé ont par ailleurs largement contribué à l’égyptomanie, mentionnée dans le descriptif de l’exposition, en enrichissant l’imaginaire populaire européen pour cette région du monde à l’histoire alors encore très mystérieuse. Cette fascination et enthousiasme pour les civilisations de l’Égypte antiques ont grandi après la campagne d’Égypte lancée par Napoléon Bonaparte et Talleyrand entre 1798 et 1801. Cette expédition a marqué l’essor dans les sphères culturelles européennes d’une véritable passion, l’égyptophilie, qui se traduisit souvent en égyptomanie lorsque les amateurs accumulèrent des reliques pour leurs propres collections. Ces dernières, alimentées par le goût de l’exotisme, ont fortement contribuées aux recherches scientifiques des égyptologues tentant de comprendre les mystères antiques. Les daguerréotypes des voyageurs français et anglais gagnent alors une valeur historique et scientifique, ajoutée à leur valeur artistique, puisqu’ils permettent d’immortaliser des lieux qui seront pour certains endommagés par la suite.

Constantin Lu

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