La légende de Robert Capa hante toujours Paris

C’est, sans aucun doute, la plus courte et la plus originale des expositions qui s’est tenue dans le cadre de la 23ème édition de Paris Photo dont les portes s’ouvriront officiellement au Grand Palais du 7 au 10 novembre. Lundi 4 novembre, une petite centaine d’invités ont, en effet, pu visiter, l’espace d’une seule journée, l’ancien atelier du photographe d’origine hongroise Robert Capa (de son vrai nom Endre Ernö Friedmann) où il s’était installé avant-guerre avec quelques amis qui, plus tard, sont devenus des légendes de la photographie comme David « Chim » Seymour et Gerda Taro.

 Situé au 34 rue Froideveaux face au cimetière du Montparnasse, c’est ici que Robert Capa a développé sa passion pour la photo après avoir fait son apprentissage à Berlin à la coopérative Dephot. En quelques années, il est devenu « le plus grand photographe de guerre du monde » avec ses reportages « au plus près » sur la guerre d’Espagne, le Front Populaire à Paris et le début de la guerre d’Indochine où il trouva la mort le 25 mai 1954 à l’âge de 41 ans en sautant sur une mine antipersonnel.

Dans cet atelier, travaillait un laborantin et une secrétaire, ainsi que Cornell, le frère de Capa, qui, par la suite, a fondé le Centre International de la photographie où est préservée toute l’œuvre de Robert Capa. On y croisait aussi à l’époque de nombreux artistes de l’Europe de l’Est qui avaient choisi l’exil – particulièrement la France – face à la montée du nazisme. Sans raconter toute cette longue histoire mais pour faire vivre la mémoire du photographe et de ses amis, les auteurs de cette exposition éphémère ont rassemblé quelques photos emblématiques de Capa, mais également des objets rares ayant appartenu au photographe comme son permis de conduire, une lettre à en-tête de l’atelier ou la machine à écrire qui servait à rédiger les légendes des photos.

« Le 37 de la rue Froidevaux réunissait à cette adresse, dans la cour plus que sur la rue, moins d’une dizaine de studios d’artistes depuis le début du XXe siècle. C’était un petit familistère des beaux-arts », explique Bernard Lebrun, ex-journaliste de France 2 et co-auteur avec Michel Lefebvre, journaliste au Monde, de l’unique (et très riche) biographie française « Robert Capa, traces d’une légende » (Editions de La Martinière, 2011). Ces deux journalistes qui continuent inlassablement à faire vivre « la légende Capa » ont réussi, l’an dernier, à faire poser une plaque sur la devanture du 37 rue Froideveaux rappelant aux passants que, dans cet immeuble, avaient travaillé « les pionniers du reportage de guerre ».

Aujourd’hui, « l’atelier Robert Capa » est toujours un studio de photographie qui a été repris par le photographe français Bernard Matussière et son fils. Ce n’est plus la même ruche créative des années 30 mais, comme le soulignent Bernard Lebrun et Michel Lefebvre « l’âme de Capa » flotte encore dans cet endroit. Et, au cours de l’année 2020, dans le 13ème arrondissement de Paris, un quartier pas très éloigné de la rue Froideveaux, une rue Gerda Taro, la compagne de Robert Capa, devrait être officiellement inaugurée par la mairie de Paris. A Paris, la légende Capa court toujours…

Daniel Psenny

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