Bal à l’Institut français

Pour marquer la fête nationale française, l’Institut français de Budapest a convié les Budapestois et Budapestoises à un bal ce vendredi, à la veille du 14 juillet. Le directeur de l’Institut, Frédéric Rauser, et l’organisateur de l’événement, Florent Heridel, ont bien voulu s’adresser au JFB concernant cette tradition vieille de presque 20 ans à Budapest.

JFB : Pouvez-vous nous parler de l’événement d’aujourd’hui ?

Frédéric Rauser : Traditionnellement, on a toujours fêté le 14 juillet à Budapest, depuis très longtemps. C’est une fête populaire qu’on a voulu transposer ici et qui a toujours attiré un public fidèle. L’idée, c’est d’amener de l’animation dans une ambiance détendue, d’attirer un public qui s’amuse et qui passe un bon moment ici, en famille, sans plus de prétention. C’est un divertissement pour tous. La soirée d’aujourd’hui, cependant, est un peu différente de celle des années précédentes.

Florent Heridel : L’événement, on l’a pensé en se disant que le bal de rue c’est quelque chose d’historique à Budapest. On voulait attirer les gens à l’Institut français, pour leur rappeler que celui-ci existe depuis très longtemps (1947). C’est le deuxième établissement culturel européen qui s’est implanté ici après celui de la Pologne. L’objectif c’est d’attirer un public nouveau, avec une programmation plus jeune et plus alternative que d’habitude en commençant par Bélaműhely, un groupe très connu de la scène culturelle budapestoise, qui réalise sa musique à partir d’instruments de récupération. C’était assez amusant de faire venir un groupe «underground» dans un endroit aussi institutionnel.

Frédéric Rauser : C’est interactif aussi, c’est la première fois qu’on fait participer autant le public. Ce matin il y avait un atelier à destination des enfants, des parents aussi, où ils fabriquaient des instruments à partir d’objets de récupération. C’était un bon succès avec une cinquantaine de personnes présentes et enthousiastes.

JFB : Le bal du 14 juillet a perdu en importance depuis sa création sur les quais du Danube?

Florent Heridel : Oui, c’était un bal à l’époque qui faisait tous les quais du Danube, jusqu'au pont des chaînes. Des évènements de cette dimension-là aujourd’hui, ça ne correspond peut-être plus à ce qu’attend le public. Ce qu’on cherche surtout, c’est d’avoir un événement qui rassemble les personnes qui viendraient ou qui viennent déjà à l’institut, et qui voudraient simplement passer une bonne soirée de manière conviviale, intime si vous voulez.

JFB : Pourquoi l’angle participatif cette année tout particulièrement ?

Florent Héridel : À partir du moment où l’on ne fait plus un immense bal sur les quais, et qu’on pense qu’il n’est ni relié à notre mission de coopération, ni relié à finalement ce qu’on a comme public aujourd’hui, on a pensé qu’il fallait proposer autre chose. La consommation culturelle du public aujourd’hui est participative, inclusive. Aujourd’hui on considère que quelqu’un qui fait un «live» sur YouTube, c’est de la culture. On a donc poussé cette mentalité jusqu’au bout en faisant venir un groupe qui fait plus du «nouveau cirque» que de la musique.

JFB : Trouvez-vous que cette popularité à la baisse reflète la décroissance de la communauté francophone à Budapest ? 

Frédéric Rauser : Je ne crois pas. Cette soirée est destinée de plus en plus au public hongrois. Si vous regardez les gens qui sont là, la communauté française est représentée peut-être à 15-20%. Pour la majorité, ce  sont des Hongrois qui viennent ici. Nous ce qu’on cherche à faire, c’est une passerelle entre la France et la Hongrie, entre les deux cultures. L’objectif est que les Hongrois aient une approche de la culture française dans un éventail large, pas nécessairement commercial, mais plutôt des découvertes intimistes, qui touchent soit l’émotion, soit le plaisir.

JFB : Comment voyez-vous l’avenir de l’Institut français, et de la francophonie en Hongrie ?

Frédéric Rauser : Les publics sont plutôt stables ici en Hongrie dans le champ de l’apprentissage du français. On a même un augmentation ici au centre de langues ces trois dernières années d’environ 30 à 35% des publics. J’ai donc le sentiment qu’il y a un intérêt croissant pour la langue française en général. Pour la culture française, il y a une tradition entre la France et la Hongrie. Il y a toujours eu beaucoup d’intérêt pour cette dernière ici, mais plus encore ces dernières années.  Ce qui change, ce sont les demandes du public auxquelles il faut s’adapter.

Propos recueillis par Xavier Bourassa

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