Ildikó Enyedi : A feleségem története

L’adaptation cinématographique du roman L'histoire de ma femme, du célèbre écrivain hongrois Milán Füst, poursuit son tournage à Budapest. L’occasion d’apporter plus d’informations et de précisions sur cette nouvelle production majeure du cinéma Hongrois. Une conférence de presse était donc organisée au Parc de l'histoire ferroviaire hongroise, Les principaux acteurs du film ainsi que certains membres de l’équipe de production se sont prêtés au jeu des questions/réponses.

Trente années se sont écoulées depuis la Caméra d’Or (Mon XXe siècle) remportée par Ildikó Enyedi à l’occasion du festival de Cannes 1989. De nombreux long-métrages et un Ours d’Or (Corps et Ames) plus tard, la réalisatrice Hongroise revient, entourée de deux acteurs stars de l’hexagone : Lea Seydoux (007 Spectre, La Vie d’Adèle) et Louis Garrel (Innocents - The Dreamers) ainsi que du Néerlandais Gijs Naber. A l’approche de l’aboutissement de nombreux mois de tournage à travers l’Europe, de Malte à Hambourg, l’équipe fait escale à Budapest pour achever les quelques scènes restantes, avant de rassembler toutes les pièces du puzzle. L’œuvre, d’un budget avoisinant les 10 millions d’euros, devrait être projetée en salle d’ici la fin de l’année 2020.

Ce film, qu’Ildikó Enyedi a voulu d’une inconditionnelle fidélité au roman, dépeint l’histoire grotesque et insolite d’un Capitaine Störr (Gijs Naber) qui l’est tout autant. Il y narre sa triste histoire d’amour avec la Française Lizzy (Léa Seydoux), qu’il épousa à la suite d’un pari fou avec l’un de ses amis. Le navigateur chevronné, à l’apparence d’un géant, ne connaitra pourtant plus grand danger que les tempêtes intérieures et les naufrages du cœur, qui, cependant, n’altéreront jamais son dévouement pour son épouse indifférente. Ce labyrinthe d’amour de l’entre-deux-guerres, empreint de magie et de sentiments se mue parfois en un véritable conte des Mille et Une Nuits.

Des acteurs envoutés

Cette dimension onirique semble avoir profondément marqué les comédiens. Louis Garrel, malgré un rôle « secondaire », évoque un film basé sur un langage du rêve, commun à tous les personnages, à travers lequel transparaît toute la tendresse et la cruauté de ces évasions nocturnes. Léa Seydoux, qui ne connaissait pas le roman, mais désirait rencontrer et travailler aux côtés de l’expérimentée réalisatrice, fut frappée par cette histoire si « subtile et sensible », qui malgré une apparente simplicité, se veut extrêmement complexe. Gijs Naber, l’acteur principal connaissait déjà bien Budapest pour avoir joué dans le film Casting, travail de fin d’étude de Sándor Csoma, un étudiant d’Ildikó Enyedi. Habité par ce drôle de Capitaine Störr, l’acteur Batave s’est dit passionné par cette lutte d’un personnage contre lui-même, contre ses doutes et ses faiblesses.

Encerclée par de nombreux vestiges de l’histoire du transport hongrois, la discussion s’est poursuivie en présence de la productrice Mónika Mécs, du directeur de la photographie Marcell Rév, de la costumière Andre Flesch, d’Imola Lang, designer de production, ainsi que d’Ágnes Havas, présidente de la Fondation Nationale du Film Hongrois. Tous sont ensuite retournés à leurs obligations artistiques, et ont repris leur tournage, au cœur de ce même décor.

Hugo Cellarier

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