Shiva

Elle s’appelle Shiva. Il y a quatre ans, les vétérinaires hongrois voulaient l’endormir pour de bon à la suite d’un accident de voiture qui l’avait brisé. Qui voudrait d’un cabot paralysé, la colonne vertébrale émiettée, avec une énorme facture au pied? Avant d’aller voir l’homme qui parle aux chiens (Cesar Millan) à Budapest en novembre prochain, rencontrez celui qui les sauve: György Wegera.

«J’ai adopté Shiva alors qu’on s’apprêtait à l’euthanasier. Ici, c’est chose commune dès qu’un chien est en détresse», affirme le Budapestois. Grâce à lui, la chienne est non seulement en santé, mais elle est devenue un véritable symbole en matière de protection des animaux dans l’histoire de la Hongrie. Plus de 220 000 «facebookiens» la suivent, elle a des gilets à son effigie, un livre même, mais samedi dernier, la portée de son histoire s’est vraiment fait sentir alors qu’ils étaient plus d’une centaine à la talonner dans une manifestation organisée dans les rues de Budapest. Aux côtés de György, elle incarnait la résilience. «L’homme devrait traiter son meilleur ami avec plus de dignité», affirme l’initiateur de marche, entouré d’une meute rayonnante de chiens handicapés.

Celui qui dirige maintenant un refuge pour chien justifie sa dévotion envers son organisme de bienfaisance (Kutya Segélysz Lgált) par l’enfance qu’il a vécu : «Comme j’ai été abandonné quand j’étais jeune, je ne tolère pas de voir des chiens délaissés dans la misère. Et Dieu sait qu’il y en a beaucoup en Hongrie», explique György Wegera. Même s’il doit vivre en «itinérant de luxe» - un terme qu’il emploie le sourire accroché aux lèvres – et même s’il a dû laisser tomber son emploi d’enseignant pour se consacrer entièrement à sa cause, l’amoureux des chiens voit la récompense de ses efforts. De plus en plus de gens sont sensibles face à la maltraitance animale, et grâce à son initiative, nombreux sont ceux qui se joignent à la noble cause.

«Les chiens, ceux qui vivent dans la rue surtout, sont des victimes faciles. Et je crois que certaines personnes déversent leur frustration sur ces derniers puisqu’ils sont frustrés, malheureux.  Ce sont des violences gratuites et intentionnelles», se désole György Wegera. Peut-être y a-t-il quelque chose à en déduire. Et si la vertu d’une société était directement reflétée dans la manière qu’elle traitait ses animaux ?

Xavier Bourassa

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