Une affaire de famille à la galerie Abigail

Du 13 Mai au 22 Juin, les œuvres de trois artistes franco-hongrois sont exposées à la galerie Abigail, au cœur 5e Arrondissement de Budapest. Sculpteurs et peintres installés en France, ils ont l’insolite particularité de composer une famille. Imre Kun en est le père, Renée Bossaert, la mère, et Iris Fossier-Kun, la fille. C’est à l’occasion d’un vernissage le Dimanche 12 Mai, qu’ils ont dévoilé les fruits d’une somptueuse transmission intergénérationnelle.

Fréquemment, au cours de ces 20 dernières années, la galerie Abigail et sa propriétaire Katalin Hajdú ont mis à l’honneur des créations d’artistes francophones. Cet échange culturel nécessaire illustre la volonté mutuelle d’entretenir des relations chaleureuses entre les deux pays. C’est d’ailleurs accompagnée des mots de Pascale Andreani, ambassadrice de France en Hongrie, que s’est ouverte l’exposition ; des mots d’harmonie culturelle, de partage et d’amitié Franco-Hongroise.

Imre Kun, sculpteur, fort de décennies d’expérience, est également reconnu pour certaines de ses œuvres que l’on peut retrouver dans des espaces publics français, telles que la grande Porte du Ministère des Finances à Paris ou encore la façade de l’hôtel de police de Toulouse. Renée Bossaert, sculpteuse également, a, quant à elle, enseigné pendant près de 40 ans à l’Ecole nationale supérieure des Arts Décoratifs de Paris. Enfin, Iris Fossier-Kun, peintre-graphiste, leur digne héritière, a étudié les Beaux-Arts et le graphisme. Elle présente des travaux mêlant peinture et sculpture, plongés dans une recherche de symbiose entre traditionnel et moderne. Nous avons là trois artistes, représentants de deux générations qui se complètent en se transperçant. Cette rencontre résulte d’un imposant travail et d’une pertinente démarche artistique.  

Une ode à l’art vivant

Dans cette exposition familiale, Iris Fossier-Kun voit un aller-retour, un « ping-pong » entre leurs différentes réalisations, leurs méthodes ainsi que leurs conceptions artistiques. Elle nous rappelle que la distinction entre sculpteur et peintre est très moderne, et contingente, car ces activités sont historiquement liées et complémentaires. L’artiste, autrefois, s’initiait à tous les arts, puis s’en inspirait pour créer. Ce qui compte pour toute la famille, c’est de produire un art vivant. Iris scande à ce sujet « Dieu sait que l’art a besoin d’être vivant à une époque où l’art est avant tout des images ». Elle privilégie le travail de la forme à celui des couleurs. Ses œuvres n’en sont pas moins lumineuses, tant elles sont éclairées par le talent de la jeune femme. Elle évoque ainsi « un travail différent, mais sincère et construit ».

Imre Kun, rompu à l’exercice de l’exposition, a fait le choix du défi, et de la redécouverte de son art. C’est dans cette démarche qu’il a confectionné des sculptures suspendues. Cependant, ce qui semble le plus caractéristique de son savoir-faire, c’est sa faculté de jouer avec la décomposition de la lumière blanche. Il éclaire la sculpture par l’intermédiaire de sources parfois naturelles parfois artificielles. Dans cette même approche, il utilise également des toiles étirées, à travers lesquelles la lumière s’immisce dans la matière et irradie sa création, afin d’en faire une œuvre.

Hugo Cellarier

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