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Enikő Szilágyi, un soir, en pleine lumière ...


By JFB - Posted on 21 mai 2018

Enikő Szilágyi apparaît sur les scènes de Paris, Bruxelles et  Budapest devant un public captivé. Hongroise de naissance, bilingue, elle a été l’héroïne de remarquables films roumains en même temps qu’elle s’est produite en hongrois dans les grandes salles de théâtre de sa Transylvanie natale avant de quitter sa patrie et de devenir citoyenne de l’Europe.


Francophone engagée, elle interprète des chansons de Barbara, de Brel, de tant d’autres - et les siennes  écrites en français. Très tôt elle devient l’ambassadrice officielle de la chanson française. Le livre Szilágyi Enikő parlando  retrace un parcours d’artiste hors du commun et en pleine effervescence.

« Enikő Szilágyi, un rêve en suspens » est le titre emblématique de l’essai que lui a consacré René de Ceccatty. Malgré sa longue carrière l’artiste a toujours de nouveaux projets à réaliser; ainsi la présentation de « Une intime absence », un dialogue entre Maria Callas et Pierre Paolo Pasolini pendant et après le tournage de Médée. Enikő dessine, écrit des poèmes… sa traduction de la pièce d’Alain Malraux « Pentecôte », en édition bilingue, attend un producteur de théâtre.  Il est plutôt rare qu’une actrice devienne une bonne chanteuse mais elle en est un heureux exemple. Outre son talent musical son expérience d’actrice sert également son art. Toute petite fille elle a vu son père - premier tenor lyrique - se produire  à l’opéra et cet univers lui est devenu familier. Elle aime les chansons riches en mélodies, mais aussi riches de sens. Elle excelle dans Kurt Weil, dans Brel, dans Barbara – et Ceccatty ajoute dans son essai : « Les petites tragédies qu’ont écrites Brel et Barbara, tous deux très autobiographiques dans leur inspiration, conviennent au tempérament d’Enikő Szilágyi qui comprend parfaitement l’enjeu des mots. »

Barbara valse avec Chopin – c’est lors de ce récital à Paris à l’Académie Polonaise des Sciences que j’ai entendu l’artiste interpréter les chansons de Barbara ;  l’ Aigle noir et ses autres chansons, reflets d’ amour et de solitude, portant le secret tragique de Barbara, enfant violée par son père à l’âge de 9 ans. Une soirée riche en émotions à l’écoute de la voix mezzo-soprano d’Enikő Szilágyi, teintée de poésie et accompagnée par l’excellent pianiste Alceo Passeo. Ce même spectacle est relaté par Zsófia Biró dans son essai Parlando : «  Une simple robe noire, un piano noir. Tout est noir, noir de velours. Une simplicité provocante ... Rien que la voix, le regard fragile et courageux, la palpitation des muscles ... Elle détourne la forme de communication dite la plus évoluée, la parole et elle retourne vers les origines de la voix chantée, vers la magie. » Mais tout cela n’empêche pas Enikő de construire savamment son récital et d’exprimer ses idées d’une manière très rationnelle.  «J’aime voir et sentir les mots. La musique est une aide sentimentale, mais les mots c’est l’esprit ».

J’ai personnellement assisté au moment solennel de la soirée quand  l’artiste s’est vu remettre les insignes de Chevalier dans l’Ordre des Arts et des Lettres, par Madame Danuta Dubois, représentant le Ministère de la Culture, ceci pour son engagement au service de la culture française aussi bien qu’internationale. Enikő Szilágyi, dont le chemin est pourtant déjà riche de récompenses des nombreux pays où elle s’est produite, été émue comme son public.

Éva Vámos

Livre bilingue / Szilágyi Enikő Parlando, Essais, critiques, poèmes, Fekete Sas Kiadó, Budapest 2017( avec deux CD-s)

 

 

 

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