Sur la terre de Chagall

L’exposition d’Imre Ámos et Le journal d’Anne Frank à Budapest


Deux expositions font l’événement du festival juif cet été à Budapest:

Dans l’attente du miracle est dédiée à l’oeuvre d’Imre Ámos. Ce pseudonyme de prophète fut choisi par le peintre même. On le considère souvent comme le Chagall hongrois pour attirer l’attention sur cet artiste hongrois resté trop longtemps dans l’ombre. Il est vrai que les deux peintres se sont rencontrés à Paris et qu’il y a certaines similitudes dans leurs univers. Ils partagent l’héritage et la symbolique juifs mais construisent leurs oeuvres de façon autonomes. Par ailleurs, ils puisent dans leur enfance passée au sein d’une communauté hassidique : pour Chagall c’était dans la région de Vitebsk, l’univers évoqué par Isaak Babel dans ses récits, pour Ámos c’était la région de Nagykálló . Cette parenté spirituelle est évoquée par Imre Ámos dans l’une de ses aquarelles : Sur la terre de Chagall.

L’exposition a pour titre : Ceux qui attendent le miracle. C’est aussi le titre d’une toile peinte à l’huile en 1932. Il n’était qu’en 2ème année aux Beaux-Arts de Budapest, mais on y découvre tout ce qui est devenu essentiel pour son oeuvre et on comprend alors le climat de l’époque. On aperçoit le peintre entouré de sa femme et de son professeur Gyula Rudnay entre autres personnages au bord de la rivière. Les yeux bandés du peintre évoquent l’extermination, iconographie reconnaissable depuis le siècle de Goya. Le peintre et tous ses personnages sont dans une attente désespérée du miracle; ils sont tout angoissés à la veille de la guerre. Ámos nous a laissé son journal et ses Révélations peintes avec ce symbolisme qu’il considérait comme « un expressionnisme associatif ».

C’est à la suite des lois discriminatoires qu’il a commencé à dessiner l’Apocalypse . Déporté, il est mort en 1944 en Allemagne. Sa femme, le peintre Margit Anna y a survécu et n’a cessé d’exprimer ses angoisses, en particulier à travers ses marionnettes, créations tristes et grotesques. Leurs oeuvres sont unies dans un beau musée à Szentendre actuellement en rénovation. En attendant, visitez l’exposition de Amos au Musée juif de Budapest.


C’est dans une autre ancienne synagogue de Budapest, reconstruite et devenue le Musée de l’Holocauste, qu’est présentée une exposition du Musée Anne Frank d’Amsterdam. L’exposition a été inaugurée le 4 août, car c’est ce jour-là, en 1944, que les nazis sont rentrés dans l’abri caché de la famille et que la petite Anne Frank fut déportée. Ne sont restés que son souvenir et son journal édité par son père Otto Frank. Le père fut le seul de la famille à avoir survécu aux camps de concentration nazis.

Ce journal – écrit par une jeune fille particulièrement douée et accompagné des photos sauvées gardent la mémoire d’une famille persécutée et anéantie dans les années 1944-45.

Cette exposition itinérante invite les jeunes et moins jeunes à connaître ce triste chapitre de l’Histoire européenne en compagnie d’étudiants formés par le Musée d’Amsterdam et qui cherchent, à travers le destin tragique d’Anne Frank, à mieux faire comprendre toute la tragédie que représente la disparition de six millions de juifs, torturés sous le régime nazi. L’exposition est accompagnée de la projection d’un film sur cette famille qui a fui l’Allemagne pour s’installer à Amsterdam - mais qui ne pouvait pas échapper à son destin – et des photos émouvantes prises par le père de famille sont également exposées.


Éva Vámos


Adresses : Musée juif de Budapest, 1075 Budapest, Dohány u 2,

tel : 1342-8949 jusqu’au 7 octobre 2007 tous les jours à partir de 10h00 sauf samedi

Centre de l’Holocauste : 1094 Budapest, Páva utca 39 jusqu’au 25 novembre


Livre bilingue à consulter : Révélations d’Ámos avec l’étude de János Kőbányai – Editions de Múlt és Jövő et l’Institut Français de Budapest




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