Le paysage politique se redessine

Nouveaux partis politiques

Depuis la victoire électorale spectaculaire du parti conservateur en 2010, plus rien ne peut empêcher le Fidesz de prendre des décisions sans l’accord de l’opposition, qui reste par ailleurs impuissante face à la majorité écrasante du Fidesz au Parlement. Beaucoup pensent que seul un renouveau radical de l’opposition pourrait changer la donne.

 


 

Des initiatives ont vu le jour tant au sein du Parlement que sur la scène associative, visant à former un contre-pouvoir face à l’autorité de plus en plus dominante des conservateurs. Mais au lieu d’appeler au rassemblement général, la gauche tend à se dissoudre en morceaux …. Aujourd’hui, elle se répartit entre la Coalition Démocratique de Ferenc Gyurcsàny, le parti 4K ! (4ème république !) issu du secteur des ONG, et le reste... Le MSZP, dont le nombre de sympatisants diminue, est incapable de constituer à lui seul une alternative au Fidesz.

 

Un parti dissident, le DK

C’est la fin d’un règne au sein de la gauche, après 20 ans d’union et une longue bataille idéologique depuis 2004 au MSZP (Parti socialiste). L'ancien premier ministre hongrois, Ferenc Gyurcsány a annoncé qu'il quittait le MSZP, ainsi que des collègues dissidents, pour former un nouveau parti baptisé Coalition Démocratique (DK). Son ambition est d'entailler la suprématie du parti conservateur de son rival, Viktor Orbán. Le DK, situé au centre gauche, disposera d'un groupe de 10 députés au Parlement. Ce sont d’anciens membres du Parti socialiste qui l'ont suivi, a-t-il précisé.

Le nombre des députés socialistes au Parlement tombe ainsi à 49, sur un total de 383 sièges. L’enjeu est double. Non seulement, il faut regagner la confiance des sympathisants de gauche par la redéfinition de valeurs propres en opposition aux valeurs libérales et conservatrices du gouvernement Orbán, mais également convaincre les électeurs indécis, estimés à 55%, d’opter pour la gauche lors des élections de 2014. Gyurcsány a sans doute de meilleures chances de réussite que la politique de gauche, anémiée, du MSZP. Le seul problème est que les perspectives à priori favorables d'une “politique de gauche à l'occidentale” sont considérablement affaiblies par le fort rejet de la personnalité même de Gyurcsány. Et c’est ainsi que la critique soulève que “ l’initiative Gyurcsány “ propage une nouvelle volonté politique impliquant d’anciens personnages politiques, dont le renom a été fortement touché ces dernières années. L’hebdomadaire Heti Válasz a récemment publié une analyse, selon laquelle l’ancien premier ministre Bajnai Gordon serait également associé au mouvement de scission de Gyurcsány. Ce type de rassemblement de forces politiques ne serait pas sans précédent : en Italie, le gouvernement Berlusconi a été battu par la gauche rassemblée, sortie de ses cendres. De même, en France, le but de la gauche réunie semble être similaire.

 

Le 4K ! ou le nouveau départ

En une semaine, deux nouveaux partis sont nés et il est fort probable que d’autres les suivront. Ils ont tous le même objectif : faire face au régime Orbán, mais en se servant d’outils différents. Tandis que le DK essaye de servir un “plat” différent mais avec des “ingrédients” trop connus, le 4K ! vise à tout recommencer à zéro en s’appuyant sur la volonté civile pour rompre avec le régime actuel. Issu d’une ONG formée sur Facebook, ‘Millions en faveur de la liberté de presse’, le mouvement 4K ! propose des idées traditionnalistes, patriotiques mais avec de nouveaux visages. “Pour l’instant, il n’existe aucune réponse politique face aux mesures du gouvernement. Il est grand temps alors de mobiliser la société civile, seule force alternative, capable d’élaborer des solutions adéquates aux enjeux actuels. Former un parti politique à partir du rassemblement civil semble être une démache très logique et prometteuse“, affichent les représentants du parti, dont le premier congrès est prévu pour mai 2012. Or, malgré la bonne volonté et le vaste soutien public dont le 4K ! bénéficie désormais, il est peu probable que de l’extérieur du Parlement de gros changements puissent être accomplis.

Selon un sondage de l'institut Median, l'actuel chef du gouvernement et son parti restent très populaires, recueillant le soutien de 46% des personnes interrogées. Le principal parti d'opposition socialiste recueille 25% d'avis favorables. 11% des sondés ont déclaré qu'ils voteraient pour le parti d'extrême droite Jobik, et 5% pour le parti écologiste LMP.

Kata Bors

 

Articles: 
field_vote: 
Votre notation : Aucun(e) Average: 4.5 (2 votes)