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La France en Hongrie


By JFB - Posted on 17 juillet 2007

Rencontre avec M. Philippe Zeller, Ambassadeur de France en Hongrie

Le 13 juillet prochain, les Français résidants en Hongrie ne manqueront pas de se rendre à la traditionnelle réception offerte par M. Philippe Zeller, Ambassadeur de France en Hongrie, qui présidera pour la dernière fois ces festivités avant de quitter ses fonctions à l’automne prochain. L’occasion de revenir avec lui sur les visages de la présence française en Hongrie et d’évoquer le lancement officiel de l’“Année Economique de la France en Hongrie“, le 14 juillet.

 

La fête nationale

Le 14 juillet garde son caractère traditionnel, bien que célébré, cette année,… le 13 juillet.

«Il existe en effet, en Hongrie, une règle tacite selon laquelle aucune fête nationale ou commémoration ne se déroule durant le week-end», explique Philippe Zeller. C’est donc le vendredi 13 juillet qu’aura lieu cette réception à la Résidence de France, en présence des principaux interlocuteurs de l’Ambassade, acteurs de la vie politique et économique, membres de l’administration hongroise, mais aussi du corps diplomatique et de la communauté française.

C’est en revanche bel et bien les 14 et 15 juillet qu’aura lieu le traditionnel festival de rue. Cette manifestation, organisée en partenariat avec la ville de Budapest, est un succès populaire annoncé puisqu’une dizaine de milliers de spectateurs se donnent rendez-vous chaque année sur le quai (Bem Rakpart), au pied de l’Institut Français, pour goûter un petit air de France sur les bords du Danube. Cette grande fête populaire regroupera divers stands gastronomiques (le marché des régions françaises et hongroises, organisé cette année dans le cadre de l’année économique de la France en Hongrie par la Mission Economique) et animations culturelles (échassiers, concerts et bal musette). Elle sera encadrée par un important dispositif de sécurité. Les autorités hongroises ont en effet le souvenir amer de la tempête qui avait entaché la fête nationale le 20 août dernier.

«Le 14 juillet et la Révolution française revêtent un caractère symbolique important pour les Hongrois, puisqu’en 1789 un début de mouvement révolutionnaire était né dans le pays, porté par des intellectuels», souligne Philippe Zeller avant de revenir sur la présence française en Hongrie, en particulier économique.

 

L’Année Economique de la France en Hongrie

Inaugurée par le sénateur Robert Del Picchia, Commissaire général de l’événement, l’année économique de la France en Hongrie est organisée à la demande des autorités hongroises à la suite du succès de l’année économique de la Hongrie en France, qui s’est tenue en 2005 et 2006.

 

De quoi s’agit-il ?

«C’est avant tout un label : il s’agit de marquer de ce label un certain nombre d’événements centrés autour du thème des échanges commerciaux franco-hongrois, qui sont, à l’heure actuelle, estimés à quelque 5 milliards d’euros annuels au total. Il s’agit également d’approfondir la qualité des relations économiques entre les deux pays».

«La France représente 4,5% du commerce extérieur de la Hongrie, poursuit Philippe Zeller, alors que les investissements français représentent 10% des investissements étrangers. Les opérateurs allemands, à titre comparatif, représentent quant à eux 30% des flux commerciaux. Le but n’est pas d’atteindre ce chiffre, mais de conforter et d’inciter les entreprises, notamment les PME, à investir et à exporter en Hongrie».

 

Quels secteurs sont concernés par les échanges commerciaux franco-hongrois ?

«Il s’agit principalement de produits industriels intermédiaires (pharmaceutiques, produits chimiques, automobiles, etc.…). Ces échanges impliquent souvent des entreprises françaises dont certains des centres de production se trouvent en Hongrie (comme Valeo ou Michelin par exemple). Il est tout de même intéressant, même surprenant, de constater que le commerce bilatéral entre nos deux pays est équilibré». A titre de comparaison régionale, la Slovaquie voisine exporte peu en France, même si l’implantation de Peugeot, qui va y fabriquer les futures 208, va sans doute changer la donne. Il en va de même avec Renault qui fabrique les nouvelles Twingo en Slovénie. Ces implantations françaises vont tirer le commerce bilatéral. «En Hongrie en revanche il n’existe pas d’investissement français pour l’exportation de cet ordre mais plutôt un fort potentiel qui justifie pleinement cette année économique».

Soulignons par ailleurs que, outre les entrepreneurs, «le grand public est également susceptible d’être intéressé par cette manifestation, en particulier par des événements tels que le salon de la franchise, du mariage, ou encore du cheval et de la chasse, marchés sur lesquels les Français peuvent exporter biens et savoir-faire».

Parmi les autres points forts des relations bilatérales, l’industrie agro-alimentaire ou l’environnement sont des secteurs-phares avec, notamment, la construction d’une usine de traitement des eaux usées de Budapest, projet mené conjointement par Suez, Veolia et Degrémont (grâce à des fonds européens pour la première phase du projet, qui couvrira la moitié des déchets produits à Budapest et rejetés dans le Danube, puis sur des fonds publics hongrois et privés pour la deuxième tranche du projet).

 

Quelles entreprises sont visées ?

«Principalement les entreprises françaises qui ne connaissent pas encore la Hongrie. Avec plus de 4% annuels, le pays connaît en effet un rythme de croissance soutenu». «De plus, à travers la Hongrie, vous atteignez tout le bassin centre et est-européen et disposez d’un rayonnement sur le reste de la région. Il est ainsi paradoxal de constater que si plus de 10.000 entreprises françaises exportent en Autriche, pays proche et de taille comparable, seulement 4.800 se sont intéressées au marché hongrois. C’est comme s’il existait encore un rideau de fer !», remarque Philippe Zeller. «Or la Hongrie est attractive, poursuit-il. Les différences culturelle, linguistique et économique intéressent beaucoup de nos compatriotes. Au cours de cette année économique, outre de nombreux chefs d’entreprises, nous attendons la venue de personnalités politiques françaises de haut rang».

Le label “Année Economique de la France en Hongrie”, au-delà de l’organisation de colloques conjoints, permettra aussi de relancer des échanges politiques moins réguliers ces derniers temps. En effet, après une douzaine de visites ministérielles entre les deux pays en 2004, année de la visite du Président de la République, la Hongrie puis la France sont chacune entrées dans la préparation de leurs échéances électorales respectives. Ces échanges vont désormais pouvoir reprendre avec, notamment, la venue prochaine de Mme Valérie Pécresse, ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, qui discutera avec son homologue hongrois de la coopération universitaire et scientifique, en particulier du programme Balaton, mais aussi des biotechnologies végétales puisque les deux pays ont lancé un centre de recherches conjoint à Szeged. Le Secrétaire d’Etat au commerce extérieur, M. Hervé Novelli, est également attendu en Hongrie et le Président de la République, Nicolas Sarkozy, quant à lui, a été officiellement invité par les autorités hongroises.

La communauté française

«En ce qui concerne la sociologie de la communauté française en Hongrie, et à Budapest en particulier, il est clair qu’elle est intimement liée à une expatriation professionnelle pour le compte des entreprises françaises implantées ici. C’est une communauté jeune, centrée autour de la famille. Ce sont ainsi quelque 400 enfants qui sont scolarisés au Lycée français (les mineurs représentent un quart de la communauté française) et dont les parents résident à Budapest en raison de l’activité professionnelle du chef de famille». Les 2.300 Français inscrits auprès du Consulat ont en général une très bonne impression de la Hongrie et reconnaissent que les conditions d’accueil sont excellentes. Par ailleurs, «une cinquantaine de compatriotes (souvent des personnes âgées) bénéficient d’une aide financière via l’Ambassade, précise Philippe Zeller, et certaines familles sont aidées, quant à elles, par des bourses scolaires».

Mais «il ne faut pas voir la Hongrie seulement à travers Budapest, souligne-t-il, la province est beaucoup moins monotone qu’on ne le croit». Outre cinq Alliances françaises à travers le pays, qui sont, rappelons-le, des associations de droit local, la France est également représentée par deux consuls honoraires, l’un à Pécs et l’autre à Szeged.

La Hongrie, un pays résolument européen

Si la Hongrie est territorialement structurée en départements, le concept de région est en revanche beaucoup plus récent et en cours d’implantation. Instauré pour répondre aux attentes de Bruxelles, ce découpage territorial doit permettre en effet à la Hongrie de recevoir plus efficacement les fonds structurels et de cohésion européens. C’est également une occasion de développer les partenariats entre collectivités territoriale hongroises et leurs homologues européennes, en particulier françaises, en utilisant notamment le réseau et les contacts tissés depuis de nombreuses années par l’association Initiatives France-Hongrie, dont la coopération décentralisée est le cœur d’activité en liaison avec le service de coopération de cette Ambassade.

Sur le plan européen, «depuis son adhésion à l’Union européenne, le 1er mai 2004, la Hongrie a toujours manifesté sa capacité à s’insérer dans le club des Etats membres. Elle a envie d’Europe et n’a pas d’état d’âme à ce sujet». «Elle a appuyé les candidatures de la Roumanie et de la Bulgarie et se place désormais aux côtés des Balkans occidentaux, sous réserve qu’ils coopèrent pleinement avec le Tribunal pénal international de La Haye pour l’ex-Yougoslavie». En outre, la Hongrie, qui manifeste son adhésion à toutes les politiques européennes, est consciente des efforts à fournir : «la ligne est désormais tracée et la récente adoption d’un plan de convergence pour remplir les critères de Maastricht est un signe très positif à cet égard». La Hongrie doit en effet redresser ses finances publiques pour entrer dans la zone euro. «Cela prendra plus de temps qu’en Slovaquie ou Slovénie, explique Philippe Zeller, et il faudra certainement attendre 2013 ou 2014 pour qu’elle devienne membre de la zone euro». Entre temps, la Hongrie aura intégré l’espace Schengen, signe fort là aussi de son appartenance pleine et entière à l’UE.

Dans la perspective des prochaines échéances européennes, singulièrement les présidences française et hongroise de l’UE, respectivement au deuxième semestre 2008 et au premier semestre 2011, la France et la Hongrie travaillent de concert sur les grands dossiers européens, et, à n’en pas douter, elles auront ensemble un rôle moteur dans la poursuite de l’intégration européenne.

Frédérique Lemerre

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