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Rétrospective de László Fehér au Musée Ludwig


By JFB - Posted on 16 juillet 2007

Le Musée Ludwig nous propose de découvrir toute l’oeuvre de Laszló Fehér, artiste peintre incontournable des dernières décennies de l’art contemporain hongrois, à travers une grande rétrospective. Sa première rétrospective fut organisée alors qu’il n'avait que 35 ans et, en 2003, on a fêté ses 50 ans en grande pompe au KOGART ainsi que dans plusieurs autres galeries. Pourtant, les révoltes de ses débuts n’auguraient pas une telle carrière en Hongrie...

 

László Fehér est resté un éternel révolté et c’est ainsi qu’il a réussi à donner une interprétation originale du monde dans lequel nous vivons. Après de nombreux cheminements et de multiples métamorphoses, on reconnaît toujours sa personnalité dans ses toiles. La visite, aux côtés de l’artiste et de la directrice du Musée, Katalin Néray, nous fait entrer dans un univers tout à fait particulier, énigmatique. A travers des scènes quotidiennes le peintre explique toute sa vision de la société. Il y a aussi l’angoisse des années 50 et les traces de son enfance lisibles à travers une mythologie de la famille qui apparaît sur ses tableaux. Et le public se sent proche de cette dimension typiquement centre-européenne de son art . Si La femme au banc rouge - reproduite sur l’affiche de l’exposition - évoque l’avant-garde russe des débuts du 20ème siècle, ses figures de femmes proviennent le plus souvent de sa famille. Lors de cette visite exceptionnelle, guidée par l’artiste, sa femme Edit et sa fille Judith nous ont gentiment accompagnés. Les toiles où elles sont représentées dans une dimension plus abstraite et philosophique, sont ainsi doublées par leur présence. Elles sont belles, présentes, quoiqu’un peu tenues à l’écart, énigmatiques.

Fehér a commencé dans les années 70 par des oeuvres photo-réalistes. L’hyperréalisme à l’époque était une insulte contre l’art officiel, d’autant plus que l’artiste avait le goût d’une approche sociographique. Les scènes banales qui relèvent de la triste vie quotidienne, sont sans perspectives, même si ses personnages sortent de la bouche du métro. Immédiatement admis aux Beaux-Arts de Budapest, il a découvert l’avant-garde à la Documenta de Cassel, dans les galeries parisiennes ainsi qu’à Bâle, à Zürich et ailleurs. A Rome, la fontaine de la Villa d’Este lui inspire une toile avec la silhouette transparente de Liszt. Rapidement, ses oeuvres quittent la Hongrie et il est exposé à l’ Espace Electra à Paris, aux côtés d’Andy Warhol, à la FIAC, au Musée du Jeu de Paume, dans le cadre d’une exposition collective sous le titre emblématique L’autre moitié de l’Europe, ou encore lors de l’exposition Ré-conciliation à Bobigny. La liste des expositions auxquelles il a participé est longue, de l’Autriche jusqu’aux Etats-Unis et il se rappelle de ses passages à la Biennale de Venise (surtout de la première fois lorsque Katalin Néray, commissaire de l’époque, l’a aidé et où Monsieur Ludwig l’a découvert et a acheté toute la série des toiles qu’il y exposait).

Il a découvert le judaïsme, religion qu’il a faite sienne et, au-delà de ses représentations de Juifs hassidiques, le côté énigmatique de ses toiles doit beaucoup à la philosophie mystique juive, souligne la philosophe Ágnes Heller. Pour cette dernière, l’art de László Fehér est comme un roman-fleuve dont lui-même ne connaît pas encore le dénouement.

Éva Vámos

Adresse : Ludwig Múzeum, Mûvészetek Palotája,

1095 Budapest, Komor Marcell u 1

ouvert tous les jours de 10h00 à 20h00, sauf lundi

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