I dance, tu dance, ő dance…

I dance, tu dance, ő dance…

Peu de pays peuvent se prévaloir de voir célébrer leur fête nationale de façon aussi populaire que ne l’est le 14 juillet à Budapest. Le quai Bem attire à cette occasion une foule de badauds et d’amoureux de la France qui s’approprient tout naturellement la célébration de cette «autre révolution»… Organisé le samedi 12 juillet au pied de l’Institut français, le désormais célèbre bal de rue revêt cette année – présidence française oblige – les couleurs de l’Europe. Si le Marché des Régions est consacré aux saveurs et à la gastronomie françaises, les autres festivités sont quant à elles bien différentes du traditionnel bal musette…

La programmation se déroule cette année autour de deux scènes qui disposent chacune d’un écran géant de 80m2 où seront projetées des images numériques : un mix de vidéoclips, les images du jeu vidéo Trackmania et bien sûr les personnages de I dance de Pierre Giner. La musique, la danse et l’image trouvent ainsi chacune son espace et se complètent adéquatement pour créer un univers étonnant, entre réalité et monde virtuel…

Scène I dance

Depuis quelques jours déjà, l’on peut découvrir, sur la façade de l’Institut français, pléthore de personnages sympathiques et souriants habillés aux couleurs des différents pays européens.

Il s’agit des personnages de I dance, créés par l’un des artistes les plus créatifs de la scène numérique française. Particulièrement remarqué lors des festivités de la Nuit Blanche à Paris en 2007, Pierre Giner avait en effet proposé à cette occasion un dispositif proche de celui que nous aurons la chance de découvrir à Budapest. Des personnages virtuels (Spiderman, Grace Jones, un squelette ou un ours à Paris ; les jeunes Européens et de petits caractères amusants à Budapest) sont programmés pour danser au son de la musique des DJ’s successifs. Leurs mouvements sont parfaits, leur chorégraphie maîtrisée, il n’y a plus qu’à les suivre et à tenter les mêmes déhanchements endiablés.

Initialement conçu en Corée pour enseigner des pas de danse, ce programme a ensuite été décliné pour présenter, en musique et de façon décalée, les créations de grands couturiers (Christian Lacroix, Anne Valérie H ou encore Issey Miyaké ont ainsi travaillé avec Pierre Giner) avant de devenir cet objet numérique festif et joyeux que vous découvrirez sur la scène du même nom.

Scène Tecktonik

Les heureux parents d’adolescents connaissent sans doute déjà le phénomène Tecktonik. Qualifié par ses créateurs, Alexandre Barouzdin et Cyril Blanc, de «grande marque culturelle internationale», la vague Tecktonik déferle en effet sur le monde. C’est toutefois en France, où elle est née il y a huit ans, qu’elle est devenue un véritable phénomène de société.

Mais qu’est-ce exactement que la Tecktonik ?

C’est d’une part et avant tout une danse. Mélange de voguing, de lock, avec une base de hip hop, de smurf, de coupé-décalé. Saupoudrée de quelques pas de house, elle est devenue une danse à part entière qui consiste à bouger les bras de façon très rapide et dans tous les sens, donnant l’impression d’être désarticulé. Si ces explications ne vous éclairaient pas, rendez-vous sur le quai Bem où des cours de danse Tecktonik seront proposés à partir de 15h par le groupe Eklesiast (attention : ce sont des pros !).

Par ailleurs, sans être une musique à proprement parlé, il existe également des compilations Tecktonik, dont le cinquième volume vient justement de sortir. Si les premières soirées Tecktonik ont été organisées pour promouvoir le hardstyle et le jumpstyle, deux styles musicaux venus de Belgique et des Pays-Bas, force est de constater que l’ont peut également danser la Tecktonik au son de la techno ou de la house par exemple (mais sans doute les puristes me contrediront-ils…).

Puis la Tecktonik c’est aussi une façon très codifiée de s’habiller et de se coiffer : vêtements moulants (qui ne sont pas sans rappeler la vague house, si ce ne sont les teintes, désormais plus sombres), matières modernes, maquillage, cheveux gominés… Bref, un look sophistiqué et étudié à l’extrême qui a donné lieu au lancement d’une boutique Tecktonik à Paris où l’on trouve tous les accessoires de la marque. Car Tecktonik est aussi (et avant tout ?) une marque déposée, un label dont les intérêts sont gérés et protégés par le groupe TF1 Entreprises.

Budapest sera-t-elle conquise ? A suivre…

Frédérique Lemerre

 

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