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Livre: Andreï Makine


By JFB - Posted on 02 mai 2011

Andreï Makine est revenu à Budapest pendant le Festival du livre, dans une salle comble, entouré de ses lecteurs . Le Testament Français lui a valu le prix Goncourt et le prix Médicis. Cet écrivain énigmatique est né en Sibérie, « dans l’immensité neigeuse de la Russie ». Il vit en France depuis 1987. La table ronde fut animée par Margit Szoboszlai, la mieux placée en Hongrie pour connaître son oeuvre, puisqu’elle a traduit vers le hongrois les romans de ce grand auteur.

 

Nous nous sommes vus lors d’un de ses passages à Budapest, au moment de la parution du Testament Français en 1996 – un passage qui suscita l’euphorie du public et cela n’a pas changé depuis.

JFB : Aujourd’hui vous dédicacez la réédition du livre – mais également plusieurs autres ouvrages traduits en hongrois. Le passage d’une langue à l’autre est une question essentielle dans votre parcours d’écrivain ?

Andreï Makine : Je réponds à cette question dans mes romans. Nous n’appartenons pas seulement à un pays : la Russie fait partie de moi, c’est une de mes racines, mais notre vie est faite de changements. Je porte l’empreinte de la Russie soviétique et du socialisme. Nous avons tous plusieurs facettes, nous bénéficions de différents types d’apports. Il ne faut jamais oublier que dans mon cas, ma vie est le résultat d’un héritage français, d’un héritage russe et enfin d’un héritage historique. Parce que nous sommes marqués non seulement par notre langue et notre vie mais aussi par le temps, par l’histoire, et c’est l’histoire que je raconte dans mes livres.

Pour moi le passage d’une langue à l’autre n’est pas un problème réel : je peux m’exprimer en russe comme en français. Très jeune j‘ai écrit des poèmes en russe. Pouchkine a écrit au départ des poèmes en français ainsi que des lettres à sa femme en français et en russe. Dans Guerre et Paix de Tolstoï, il y a également des passages en français.

JFB : Vous évoquez les grandes perspectives de notre univers dans le Requiem pour l’Est et plusieurs questions fondamentales de la vie dans l’Alternaissance ?

A.M. : Nous avons été séparés de la civilisation européenne par le rideau de fer ; les hongrois ont également vécu cette coupure. Dans le Requiem de l’Est, j’exprime cette période de l’histoire, le souhait aussi que les hommes cessent de se déchirer, de se faire la guerre, de détruire la planète – comment dépasser cet état des choses . L’Alternaissance est un concept qui m’est très cher et que je développe dans un de mes derniers romans sous un pseudonyme, justement pour ne pas avoir à être lié uniquement au contexte russo-français. Je voulais écrire un roman qui va au-delà et qui parle de l’être humain. Pourquoi nous sommes sur terre – ces questions essentielles sont aujourd’hui un peu oubliées par la littérature – de même que pour y vivre nous ne devrions plus être aussi avides, aussi rapaces – parce qu’alors l’humanité disparaîtra. Notre seule chance, c’est de trouver un autre mode de vie, une autre vision du monde.

Éva Vámos

 

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