Budai oublierait-il Esztergom ?

L'affaire Meggyes

M.Gyula Budai, l'homme chargé de faire tomber les socialistes corrompus, fait preuve d'une certaine timidité lorsqu'il s'agit de se pencher sur le cas de Tamás Meggyes, l'ancien maire Fidesz d'Esztergom.

Ce dernier, battu aux dernières élections municipales, se fait désormais remarquer en handicapant, à l'aide de moyens infantiles, le travail de la nouvelle équipe municipale. Mais surtout, il est accusé d'avoir procédé à des financements de projets douteux lorsqu'il était encore dans la majorité, ce qui expliquerait l'état catastrophique des finances de la ville.

Le 3 octobre 2010, Meggyes perd sa place de maire au profit d’Éva Tétényi, candidate indépendante, néanmoins soutenue par les trois principaux partis d’opposition. Si cette coalition surréaliste s’est liguée contre le candidat sortant, c’est que celui-ci pendant dix ans de mandat, s'est plus illustré par sa médiocrité que par une quelconque qualité lui permettant de gérer convenablement sa ville. Battu allègrement, il s’adonne désormais, de manière infantile, à un grotesque sabotage du fonctionnement ainsi que du travail de la nouvelle majorité municipale. Polémique sur la disposition des bureaux dans l’hôtel de ville, piratage du réseau informatique, mainmise sur les téléphones professionnels des nouveaux élus, etc... Inutile de continuer. La situation peut se résumer en une phrase : Meggyes est un enfant qui a perdu.

Au pouvoir, Meggyes était la caricature de l’élu local véreux profiteur. Traficotage de l’organisation du scrutin, gloutonneries et réceptions à des prix exorbitants, magouilles dans les affaires culturelles de la ville, obligations souscrites en franc suisse, factures hypertrophiées, argent public utilisé à des fins personnelles, etc. Là aussi, inutile de continuer. Mieux vaut faire appel à Gui Patin pour qualifier Meggyes : «un homme qui vit en goinfre, fort déréglé et fort dissolu».

Il est intriguant de noter l’attitude du Fidesz face à ce cirque politique. Des dénonciations ça et là. Mais l'homme anti-corruption, Budai Gyula, et sa machine médiatique sont absents. La lutte contre la corruption socialo-libérale étant le principal fonds de commerce du Fidesz, celui-ci est bien embêté lorsqu’il constate qu’en son sein même existe de la vermine. Non, Monsieur le Premier Ministre, la corruption n’est pas le monopole d’une mouvance politique. La corruption, conséquence désastreuse de l’ordre établi, se manifeste dans toutes les forces qui prennent part à cet ordre. C’est donc tout naturellement que le parti majoritaire comprend aussi des spoliateurs. Mais cela, la majorité des hongrois semble ne pas l’avoir encore compris. Plus tard, peut-être.

Yann Caspar

 

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