Planète en danger ?

20 suggestions pour changer le monde

Réchauffement climatique, pollution, économie d'énergie, nous avons désormais tous conscience de “devoir faire quelque chose”. Certes, nous éteignons la lumière des pièces que nous quittons (lumière fournie par des ampoules à économie d'énergie bien sûr), nous fermons le robinet en nous lavant les dents et recyclons nos déchets... (n'est-ce pas ?) Mais nous pouvons faire bien plus encore. Voici donc en 20 points, quelques constats, idées et suggestions pour, tout simplement, changer le monde !

1. Refuser les sacs en plastique, un point c'est tout.

Chaque année ce sont quelque 500 milliards de sacs en plastique qui sont distribués (les Hongrois, par exemple, en utilisent 1,3 million en une seule journée), dont seulement 3% sont recyclés. Généralement fabriqués en polyéthylène, leur biodégradation peut prendre jusqu'à 1000 ans en pleine nature ! Alors, optons pour les sacs en tissu, voire en papier recyclé, pour aller au marché.

2.Voitures hybrides.

Selon une directive européenne il faut, à l'horizon 2010, baisser l’émission de dioxyde de carbone des véhicules à 130 g/km. Pourtant, les hommes politiques hongrois qui oeuvrent pour la protection de l’environnement utilisent quant à eux des voitures particulièrement polluantes... Le ministre de la protection de l’environnement et des eaux, Gábor Fodor, roule en Saab alors que le président du comité de la protection de l’environnement au Parlement, Andor Nagy, conduit une Toyota Land Cruiser qui émet 204 g/km. Sans doute motivé par la directive européenne, un représentant du MSZP, Lajos Oláh, a suggéré que l’Etat change la moitié de son parc automobile pour adopter des véhicules hybrides. Et vous, en quoi roulez-vous ?

3. Planter des bambous et des ginkgos biloba.

Le bambou pousse vite, très vite (plus de 30 cm par jour et selon les espèces) et de ce fait, absorbe plus de CO2 que votre rosier par exemple. Connus pour lutter sans pareil contre l’érosion des sols, les bambous sont à l’origine de 10 à 30% de la biomasse et leurs usages ne manquent pas : dans l’industrie et l’architecture, dans vos assiettes et vos verres (on produit du vin, de la bière et de l'eau-de-vie à partir du bambou), dans votre voiture (sous forme de carburant diesel), dans votre pharmacie (contre les troubles de la circulation, l'asthme, les affections rénales), etc. Ce sont plus de 5000 modes d’utilisation qui sont d’ores et déjà recensés. Quant au ginkgo biloba, c’est l’arbre symbole de la vitalité et de la durabilité. Originaire de Chine, c’est en effet l’arbre qui vit le plus longtemps, un exemplaire a atteint l’âge exceptionnel de 3 500 ans. En 1945, l’un d’eux, situé à 1 km de l’impact, a résisté à l’onde dévastatrice de la bombe de Hiroshima. Alors, bambou ou ginkgo ? Les deux mon capitaine !

4. Le trafic à Budapest.

En Hongrie, les 850 000 voitures individuelles, dont seulement 1/3 roulent en ville quotidiennement, sont responsables de 60% de la pollution de l’air urbain contre les 6% produits par les bus BKV et 34% par les camions. Côté sécurité : les véhicules des transports publics sont impliqués dans 70 accidents par an, contre 2200 pour les voitures. Peu de conducteurs semblent avoir conscience qu'ils peuvent effectuer leur trajet quotidien (dont la moitié représente moins de 7km) en général plus vite en transports publics ou même à vélo.


5. Carburant bio.

En 2005, MOL Rt. avait déjà commencé à vendre du carburant contenant du bioetanol provenant de la surproduction agraire. Mais ce carburant n'en contient encore que 2%. A partir de juillet 2007, en Hongrie, on ne pourra plus acheter que du carburant et du gaz contenant au moins 4% d’ingrédients bio. Une usine vient d'être construite à Visonta qui produira 40 000 tonnes de biogaz chaque année.

6. Une fenêtre ouverte sur le monde.

Les petits gestes sont souvent les plus importants, en particulier à la maison. Laissez les fenêtres ouvertes la nuit pour rafraîchir les pièces et baissez les stores la journée. N’utilisez le lave-vaisselle que lorsqu’il est plein (ou, mieux, organisez votre vaisselle à la main…). Baissez le thermostat de votre chauffe-eau. Préférez les douches aux bains. A la fin de l’année, ne vous étonnez pas si votre maison semble plus légère… elle a juste quelques kilos de dioxide de carbone en moins !

7. L'éclairage public en question.

Les monuments de Budapest sont éclairés depuis 1928 (avec une interruption entre 1941 et 1945). L'éclairage public tel que nous le connaissons actuellement a été conçu en 1970, tandis que le Pont des Chaînes est éclairé depuis 1987. L’éclairage de Noël, 3 millions d’ampoules réparties sur 20 kms, consomme chaque année 120 mille kw/h dans la capitale. A quand l’installation d’un matériel qui permette le «dimming» : diminution de l'éclairage ? Cette méthode d'économie permet d'accroître le confort des usagers sans provoquer d'angoisse aux passants attardés... Depuis son installation à Bruxelles, la démonstration est évidente et les conséquences sont chiffrées : de 50 à 70% d'économie d'énergie.

8. Eco-maisons

Selon des recherches effectuées par l’Université Szent István, cela vaut la peine de planter de la pelouse sur son toit. C'est en effet un très bon isolant. Siemens a déjà appliqué cette nouvelle méthode lors de la construction d’un bâtiment sur Hungária körút. La pelouse (ou d’autres plantes qui n’ont pas de trop grandes racines) supportent les pentes de 20 à 25%.


9. Les peintures bio.

D’une part, leur fabrication est moins dommageable pour l'environnement que les peintures chimiques de synthèse, d’autre part, elles sont totalement inoffensives pour la santé car beaucoup moins émettrices de Composés Organiques Volatiles (COV) (ces minuscules poussières qui se détachent jour après jour des peintures de vos murs et plafonds et qui sont également contenues dans les revêtements de sol, les parfums et nettoyants ménagers et même certains textiles). De plus, ces peintures bio sont d’aussi bonne qualité que les autres, elles sont même souvent meilleures car elles sont plus perméables et donc "respirent". Leur composition varie selon les marques. On peut y trouver de l’huile de lin, du ricin, du romarin, de l'eucalyptus, de l’argile, de la caséine de lait, de l’eau et des pigments minéraux. Il ne nous reste plus qu’à choisir la couleur.


10. Travailler à proximité de chez soi.

Depuis 1990, de plus en plus de Hongrois (environ 30% des employés) se déplacent chaque jour dans une autre ville pour travailler. Quelle perte de temps et d’énergie ! A Seattle, Gene Mullins, informaticien, a créé un programme permettant aux grosses entreprises qui disposent de plusieurs sites, de répartir leurs employés en tenant compte de leur lieu de résidence. Ses clients (Starbucks, Key Bank, Boeing ou récemment le département des Sapeurs Pompiers de Seattle) semblent ravis.

11. Laisser sa cravate au placard !

Durant l’été 2005, cette astuce a été lancée par le gouvernement japonais (parmi un large panel de mesures) pour réduire la consommation d’énergie et maintenir la température des bureaux à 28°. Les salariés japonais étaient donc autorisés à délaisser leur costume sombre et leur chère cravate pour revêtir des couleurs claires, ouvrir leur col et baisser la clim’... En un seul été, le Japon a réduit ses émissions de 71,7 tonnes de CO2.


12. Mieux vaut un petit chez soi qu'un grand chez les autres.

Les grandes maisons consomment plus d’énergie que les petites, dirait M. La Palisse. Ajoutons qu’une grande maison “verte“ consomme également plus qu’une petite maison “traditionnelle“, par ailleurs moins gourmande en matériaux de construction. Partant de ce constat, Jay Shafer, designer, spécialiste du développement durable en architecture et urbaniste, vit (seul, certes…) dans une maison de 9,3 m2 qu’il a conçue et réalisé elui-même en 1999. Il mène par ailleurs un véritable combat contre l’administration américaine qui impose aux propriétaires de maison une surface minimale pour préserver la valeur du terrain.

13. Chercher le label.

Il existe deux types de labels qui signalent les produits dont la production préserve l'environnement : un label hongrois («magyar környezetbarát termék») et un européen (Európai öko-címke) que le ministère de l’environnement octroie à certains produits depuis 1993. La conception de label provient d’Allemagne qui l’a introduit en 1977. Les produits hongrois le reçoivent pour une période de 1 à 4 ans.


14. Moins de factures... en papier.

Il suffit pour cela de les régler par Internet. Outre le fait de sauver des arbres, il s’agit également d’économiser du carburant ! C’est également valable pour votre déclaration d’impôt, mais rien ne remplacera la lettre de votre bien aimé(e), rédigée de sa plume sur papier recyclé.


15. « Energy for a changing world ».

C’est le nom du paquet de mesures adopté en mars dernier par le Conseil européen. L’objectif de 20% d’énergies renouvelables à l’horizon de 2020 a été adopté à l’échelle européenne. Cet objectif sera ensuite décliné par chacun des Etats Membres en fonction de leur situation et de leur politique énergétique. En Hongrie, 5000 milliards de ft seraient nécessaires pour atteindre ce but. Cet objectif est également un signe à l’industrie européenne, aux investisseurs et aux chercheurs, leur offrant ainsi un cadre stable pour le développement de leurs projets. Parallèlement, le Conseil européen a affirmé son objectif de réduire de 20% la consommation énergétique de l’Union européenne par rapport aux projections pour l’année 2020.


16. Stop aux hamburgers.

De votre 4x4 ou de votre Big Mac qui, selon vous, est le plus responsable du réchauffement climatique ? Et bien, c'est le hamburger ! Selon une récente étude de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture, la production mondiale de viande génère quelque 18% des émissions mondiales de gaz à effet de serre, soit plus que les transports ! “Le résultat naturel de la digestion bovine”, pour reprendre la délicate expression du New York Times, a pour effet un rejet massif de méthane et d'oxyde nitreux dans l'atmosphère. Or, notre planète est peuplée de 1,5 billion de bovins et de 1,7 billion de moutons et de chèvres, chiffres qui devraient doubler d’ici 2050. Si vous décidez de devenir végétarien, vous pouvez ainsi contribuer à une réduction de 1,4 tonne de dioxyde par an, selon les recherches menées par l’Université de Chicago.

17. Off.

Un économiseur d’écran n’est pas un économiseur d’énergie. Selon le département américain de l’énergie, 75% de la consommation énergétique des foyers sont utilisés durant la mise en veille des ordinateurs, téléviseurs, chaîne hifi, etc. Un ordinateur en veille consomme à lui seul entre 60 et 250 watts par jour. Admettons que nous utilisions nos ordinateurs domestiques 4h par jour, les maintenir éteints le reste du temps contribuerait à réduire l’émission de CO2 liée à leur consommation de 83%, soit 63kg par an.

18. Cosmétique bio.

90% des salons d’esthétique hongrois utilisent les produits cosmétiques bio „Ilcsi néni” dont ils sont les distributeurs exlusifs. Cette gamme de 130 produits a été inventée par une esthéticienne de 80 ans, Molnár Dánielné, plus connue sous le surnom de tante Ilcsi. L’efficacité de sa méthode et de son idée tient à la redécouverte de la nature et à la sagesse de ses ancêtres. Tante Ilcsi qui, à ses débuts, préparait elle-même les crèmes, à base de fruits et d’herbes, récoltés dans son propre jardin, est aujourd'hui la proprétaire d’une entreprise où les esthéticiennes hongroises font conaissance avec cette approche bio des cosmétiques et les propriétés des produits Ilcsi.

19. Budapest ville verte ?

Selon le sondage «Urban audit» de l’UE, publié en 2007, la proportion des espaces verts urbains en Hongrie dépasse la moyenne européenne. La deuxième ville la plus verte en Europe est Pécs, dont 70% sont boisés et clôturés juste après Prague vainqueur avec ses 83%. L’indice de Budapest de 43% est moyen, ainsi chaque habitant peut profiter de 10m2 d’aires vertes. Le pire est Barcelone où seulement 2% de la ville sont occupés par des espaces verts.

20. Small is beautiful (1973), livre de E.F. Schumacher.

Ce précurseur, qui a inspiré le projet politique des écologistes, a introduit dans la sphère économique une échelle des valeurs qui révolutionne la pensée économique. Schumacher propose un autre système, inspiré du bouddhisme, basé sur la notion de subsistance convenable et du bien-être de l’Homme. Cette notion de facteur d’épanouissement humain sera reprise quelques décennies plus tard par l’ONU. Concrètement ? Travailler moins. Vivre simplement. Consommer moins. Penser davantage. A méditer…

Judit Zeisler et Frédérique Lemerre

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