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Expo: Rapsodies hongroises


By JFB - Posted on 29 octobre 2010

Ropsodies Hongroises est le titre d’une exposition dédiée au peintre belge Félicien Rops (1833-1898), l’illustrateur le plus connu et le plus recherché de son époque. C’est lui qui avait d’ailleurs donné ce titre à ses dessins réalisés en Hongrie. Il était fasciné par la Hongrie, la musique tzigane, la beauté des femmes et la joie de vivre, et ce à tel point qu’il s’est inventé une généalogie hongroise – comme le rappelle Véronique Carpiaux, directrice du Musée Félicien Rops de Namur, rencontrée à la Galerie Nationale de Budapest où elle est la commissaire de cette exposition aux côtés d’Eszter Földi.

En réalité Félicien Rops venait d’une famille bourgeoise de Namur, où il était le fils unique d’un industriel. Très jeune il fonda une revue satirique, Uylenspiegel, où il publia ses premières lithographies, comme la Comédie politique où une série de caricatures dessinées à la manière de Nadar et d’autres maîtres contemporains. Namur étant devenu trop petit pour lui, il partit pour Bruxelles avant de franchir le pas et de s’installer à Paris où il découvrit la vie des boulevards. Il s’intéressait à la prostitution et à la misère du XIXe siècle. La dame au pantin ou Pornocratès sont emblématiques de cette période et très connus. La courtisane guidée par ses instincts a tout les pouvoirs dans la société et cette belle jeune fille qui se promène avec un cochon est chaussée et gantée et a les yeux bandés. A travers cette nudité provocante, on découvre le côté sulfureux et érotique de l’œuvre de Rops. Celui-ci a beaucoup cherché à comprendre les mœurs de son temps et c’est ainsi qu’il expliquait sa démarche artistique: «Je tâche tout bêtement et tout simplement de rendre ce que je sens avec mes nerfs et ce que je vois avec mes yeux. (…) De plus, l’amour des jouissances brutales, les préoccupations d’argent, les intérêts mesquins ont collé sur la plupart des faces de nos contemporains un masque sinistre où l’instinct de la perversité, dont parle Edgar Poe, se lit en lettres majuscules; tout cela me semble assez amusant et assez caractérisé pour que les artistes de bonne volonté tâchent de rendre la physionomie de leur temps». A l’époque un vent de liberté soufflait en Belgique – cette liberté d’expression était tout autre que la politique de Napoléon III en France. Victor Hugo et Baudelaire y trouvèrent à la fois un refuge et leurs éditeurs. Il a ainsi connu et illustré Baudelaire, mais aussi Les Diaboliques de Barbey d’Aurevilly puis les livres de Mallarmé et de Verlaine. C’est dans les salons parisiens qu’il a sans doute rencontré le peintre hongrois Mihály Zichy et qu’ils sont devenus amis.

Les œuvres de Féliciens Rops étaient déjà passées par Budapest 2001, et ce déjà à l’occasion de la présidence belge de l’Union Européenne. C’est de nouveau le cas avec cette grande exposition, comme l’a indiqué Ferenc Csák, nommé récemment à la tête de la Galerie Nationale. Un beau chapitre de l’histoire de l’art dans un contexte européen.

Éva Vámos

 

Magyar Nemzeti Galéria, Budavári Palota, Szent György tér 2

Tlj de 10:00 à 18:00 sf lundi

Jusqu’au 9 janvier 2011

Déconseillé aux moins de 18 ans 

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