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La maison du soleil


By JFB - Posted on 01 juin 2007

Nous sommes un soir de juin 2046 comme les autres et de nombreux jeunes de treize à dix-huit ans se sont réunis pour danser sur la piste de la maison des jeunes. Sur scène, trois DJ dans leur habituelle tenue argentée mixent les données lasers 3D qui virevoltent autour d’eux. Beaucoup de filles dansent entre elles sous le regard des garçons qui vident en quelques bouffées leur capsule d’oxygène. Théoriquement, l’oxygène est interdit aux mineurs mais les quelques adultes présents sont à l’extérieur. Le barman assure qu’il ne leur sert pas d’alcool et qu’il ne leur vend pas d’oxygène. La consommation de l’oxygène n’est pas sans rappeler les problèmes posés par le tabac avant l’interdiction mondiale de 2025, bien que les effets secondaires soient moindres, les médecins s’inquiètent de cette nouvelle mode que rien ne semble pouvoir freiner.

Pisti nous explique que tout va mal à la maison car ses frères plus âgés ne trouvent pas de travail. Dans les couches défavorisées de la population peu accèdent aux universités et, depuis les années 2020, les travaux d’exécution ont totalement disparu. Sa copine Csilla ajoute : «Ceux qui servent a l’entretien des systèmes automatisés de voirie doivent avoir un diplôme de technicien et il faut parler l’anglais ou le chinois, sinon il n’y a rien». Alors, c’est la débrouille, ils tentent de glaner quelques euros en faisant des petits boulots, mais c’est de plus en plus difficile. Malgré les programmes européens et les bourses, le nombre de jeunes sans emploi est de plus en plus important. Les deux tiers des habitants vivent du Revenu Citoyen ou sont à la retraite. La plupart des Hongrois font leurs courses dans les Magasins du Bonheur subventionnés par le gouvernement fédéral. Pourtant ce vendredi tout le monde semble détendu et heureux d’être là. Bien sûr la vie est difficile mais l’on s’adapte. Le nouveau gouverneur Tibor Bátor envisage de supprimer une partie du parc de machines et de relancer le travail humain, malgré les protestations de nombreux représentants. Csilla rêve de Paris et de Beijing où les jeunes font la mode et ne vivent pas avec leurs grands-parents, mais c’est loin et l’on n’est pas si mal à la maison du soleil.

Xavier Glangeaud

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