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TOLLÉ-RANCE NULLA(0)


By JFB - Posted on 01 juin 2007

Le moins que l’on puisse dire c’est qu’à Budapest en ce moment, ça s’agite beaucoup sous le képi. Tout le monde s’accorde à dire que la police de ce pays a franchi les limites et va devoir désormais faire ses preuves pour redorer son insigne. Bien loin du folklore de la petite corruption ordinaire qui arrondit les salaires, les forces de l’ordre sont depuis quelques mois source de bien des désordres : déchaînement de violences sur la population durant les célébrations du 23 octobre; rackets organisés sur les autoroutes, vol caractérisé durant un braquage avec prise d’otage et pour finir, viol présumé par cinq membres du Rebisz d’une jeune fille de 21 ans en bordure de Ko-rut. Effectivement, c’est plutôt préoccupant. Un grand ménage de printemps a donc été ordonné tambour battant par le Premier ministre Ferenc Gyurcsány. Certaines mauvaises langues chuchotent qu’il s’est surtout opportunément débarrassé de quelques empêcheurs de gouverner en rond. Ainsi ont successivement sauté comme à la parade : le ministre de la justice et de l’intérieur, le chef de la Police nationale, celui de Budapest, quelques gradés plutôt mouillés et…allez savoir pourquoi, le patron des services secrets. Pas mal pour une simple affaire de viol présumé d’autant plus que la Hongrie vient justement de se faire épingler par Amnesty International sur la quasi-impunité de ce type de voie de fait dans ce pays…

Mais au-delà de toute cette agitation, la question que tout le monde se pose aujourd’hui c’est de savoir si les choses peuvent vraiment changer. La confiance historiquement mitigée des Hongrois dans leur police a encore pris un sacré coup de matraque derrière les oreilles. Et pour commencer à bien les connaître, je peux vous assurer que ce n’est pas à ce vieux peuple-là qu’on apprend à faire des grimaces. D’ailleurs, les langues se délient. A travers le récit entre amis de mille petites anecdotes croustillantes sur des infractions directement réglées à coup de billets, se pose visiblement la question centrale de la corruption érigée en mode de fonctionnement coutumier pour une société. Ainsi, par exemple, quand vous avez bu ne serait-ce qu’une bière, vous enfreignez gravement la Loi hongroise en prenant le volant. C’est ce qu’on appelle ici la tolérance zéro qui est d’ailleurs, au passage, la vache à petits billets verts rêvée de certains policiers. Des anecdotes, j’en ai entendu à la pelle : du gentil flic paternaliste qui vous prend tout votre cash en vous laissant quand même 500 ft pour rentrer chez vous, à ceux qui vous escortent jusqu’à un “bankomat” pour vider votre compte en passant par ceux qui ne veulent pas d’argent, mais qui sont drogués à quelque chose de très inquiétant : la peur qu’ils éveillent et les humiliations qu’ils infligent. Mais bon, ça marchait à peu près comme ça. Quelque part, ça arrangeait tout le monde et jusqu’à aujourd’hui, tout le monde s’en arrangeait très bien.

Pourtant, à jouer avec les pots-de-vin, on peut se réveiller un matin avec une sacrée gueule de bois et de très sales affaires sur les bras. Quelle est alors la limite de l’acceptable pour ces garants de l’odre public dont le travail est difficile et dont tout le monde sait par ailleurs qu’ils sont très mal payés ? J’ai bien une idée : Et pourquoi pas la Tolérance Nulla, mais pour les ripoux cette fois … ?

Marie- pia Garnier

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