Rigueur sur fond de velours

Suite aux résultats des élections législatives tchèques des 28 et 29 mai derniers, l’ODS, le parti conservateur de centre-droit, devrait former une coalition avec deux nouveaux petits partis de centre-droit. Sanction contre les grands partis ou signe de maturité des électeurs tchèques? Une chose est sûre: le pays s’est engagé en faveur d’une politique de rigueur.

Tout en finesse, voire avec un certain humour, les 28 et 29 mai derniers, les électeurs tchèques ont déclenché un séisme politique, sans heurts ni violence. Tout en offrant une victoire relative aux Sociaux Démocrates (22,1%), ils l'ont privé de la possibilité de former un gouvernement, qui sera finalement conduit par une coalition de centre-droit, ouvert à de “jeunes” outsiders. C'est tout l'échiquier politique traditionnel qui s'en trouve bousculé.

Le désaveu des «éléphants»

A l'annonce des résultats, le leader social-démocrate, Jiri Paroubek, a immédiatement reconnu son semi-échec – le parti a perdu 10 points depuis le dernier scrutin, d’où son incapacité à former un gouvernement – et proposé sa démission. L'ODS, parti conservateur du Président Vaclav Klaus, recule de 15 points et totalise 20,2% des voix. Ce qui fait de son dirigeant, Petr Necas, le probable prochain Premier Ministre. L'autre formation autrefois incontournable de la politique tchèque, les communistes, stagne à 11,3%.

En haut de l'affiche, les nouveaux petits partis de droite font leur entrée en force au Parlement. TOP09, conservateur pro-EU, et VV, militant pour plus de transparence et contre la corruption, remportent respectivement 16,7% et 10,9% des suffrages. Une communication efficace dirigée vers les jeunes semble avoir porté ses fruits. Il reste à voir si ces formations parviendront à s'imposer ou si elles ne sont que des épisodes de la vie politique. Mais pour l'heure, toute coalition devra prendre en compte leurs exigences.

Le triomphe de la rigueur

Quoiqu'il en soit, les élections marquent une nouvelle étape dans la rigueur budgétaire en République tchèque, déjà bien entamée par le gouvernement «technique» sortant. Contre les promesses de Paroubek de relance des dépenses publiques pour soutenir la consommation, c'est le discours de réduction des allocations chômage et de lutte contre les abus qui a prévalu. Un choix de raison plus que d'audace, conséquence directe du «syndrome grec».

Une maturité qui renforce l'image d'un pays moderne, réfléchi et développé. En 2008, le PIB par habitant était à 80% de la moyenne européenne (contre 64,4% pour la Hongrie). De manière générale, les Tchèques n'en finissent plus de se détacher du peloton “Europe de l'est”, que ce soit en légalisant la possession de drogues douces en janvier 2010 ou en étant le seul des nouveaux Etats-membres à miser sur la Recherche & Développement dans le cadre de la stratégie UE-2020. Tout en finesse.

Sébastien Gobert

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