EXPO: Tibor Csernus

EXPO: Tibor Csernus

Trois événements célèbrent la transposition de l’atelier parisien de Tibor Csernus à la Galerie Kogart: d’une part une grande rétrospective, un récital de piano le 19 novembre puis l’inauguration de la reconstitution de son atelier ouvert désormais au public.

Le Bateau Lavoir a beaucoup pleuré l’atelier du peintre Tibor Csernus – évoque le couple Sulkowski à Budapest à l’occasion de ce double vernissage.

Tibor Csernus, avant de devenir Parisien, est né dans un petit village de la Grande Plaine hongroise . Très tôt on découvre son talent et c’est Aurél Bernáth qui devient son professeur à l’Ecole des Beaux Arts de Budapest. Son indépendance d’esprit lui rendit toutefois la vie très difficile dans les années 1950 à Budapest. Il fit ses débuts avec des toiles post-impressionistes, avant de connaître sa période surnaturaliste. Quand il ne pouvait pas exposer dans des salons officiels, il illustrait des livres avec une rare virtuosité. En 1964 il quitte Budapest et s’installe à Paris avec sa femme Katalin Sylvester, sculpteur. Ils y ont connu des années difficiles avant de connaître le succès – il illustre alors des livres de Jules Verne, Dostoievski ou Camus pour les éditions Gallimard, mais aussi des récits de science fiction. Peu à peu les critiques d’art français découvrent son talent et sa forte personnalité. Dans les années 1970, c’est sous le signe du mouvement de la figuration narrative qu’il peint des œuvres qui gardent toutefois un lien étroit avec la grande tradition picturale hongroise. Sa palette s’enrichit et ses sources d’inspiration également : la plage, le bord de mer, mais aussi des natures mortes avec des maquettes d’avion, puis des scènes bibliques où l’on découvre quelques personnages habillés de blue-jeans. On entr-aperçoit la mélancolie d’Harlequine dans un café de Montmartre ou des scènes tout droit sorties des récits d’Edgar Allan Poe, sans oublier la fameuse série réalisée à la manière de William Hogarth. Il peint des sujets contemporains dans un style qui évoque souvent les maîtres anciens et redécouvre ainsi Caravage à sa manière – grand succès de la galerie new yorkaise de Claude Bernard.

En pénétrant dans son atelier, on est frappé par l’authenticité de la reconstitution. A tel point que les collectionneurs Sulkowsky replongent avec délice dans de vieux souvenirs, comme lorsqu’ils tentaient de ruser un peu pour voir ce que le maître avait entrepris sur sa nouvelle toile. C’est aussi un lieu prévu pour de jeunes artistes dont les œuvres s’harmonisent avec l’ambiance de l’atelier reconstitué.

Cette ambiance sera évoquée par la musique de compositeurs français comme Satie et Poulenc et soulignée par les improvisations prévues pour l’occasion par une jeune pianiste et compositrice, Katalin Csillagh, lors de son récital dans la maison Kogart, le 19 novembre prochain.

Éva Vámos

Kogart ház – VIe arrt., Andrássy út 112

Récital de piano le 19 novembre à 19:00

Exposition Csernus du lundi au samedi de 10:00 à 17:00,

le dimanche de 10:00 à 20:00 jusqu’au 31 décembre.

 

Kogart Galéria – VIe arrt., Andrássy út 108

Atelier de Csernus et exposition ouverts tlj de 10:00 à 18:00

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