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Législatives 2017 - Pierre-Yves Le Borgn'


By JFB - Posted on 08 avril 2017

Philippe Gustin et Pierre-Yves Le Borgn’ sont très probablement les deux candidats qui seront au deuxième tour des législatives de 2017. Ils ont accepté de répondre à nos questions sur leur parcours, leurs idées et la situation de la Hongrie au sein de la septième circonscription des Français à  l’étranger.

Pierre-Yves Le Borgn’

JFB : Vous vous représentez pour un second mandat et, bien que socialiste convaincu, vous avez déclaré que vous vous placiez « en retrait de la campagne présidentielle de Benoît Hamon » et que vous étiez un « député libre », quelle signification donnez-vous à ces déclarations ?


Pierre-Yves Le Borgn’ : Pendant cinq ans, j’ai été un député qui a partagé la politique économique du gouvernement, non par discipline, mais parce que j’avais la conviction que cette politique était la bonne. Je reste sur cette position. Pourquoi est-ce que je pense cela ? Parce que je suis un ancien industriel et parce que j’ai vu in situ, par un exercice comparé à quelques années de distance,  combien lancer une aventure industrielle est relativement simple en Allemagne et reste complexe en France. Donc, introduire une part d’offre dans un contexte de politique de la demande, à laquelle je reste attaché comme homme de gauche, est pour moi la bonne solution. L’idée que l’on écarte les choix économiques de ces cinq années ne rencontre pas mon assentiment. Comme j’ai passé beaucoup de temps depuis mon élection à l’Assemblée nationale à expliquer sur mon site (www.pyleborgn.eu) mes votes, mes choix, mes interventions et parfois aussi mes interrogations, je n’aurais eu aucun crédit à fuir le débat et masquer mes divergences de politique économique avec Benoît Hamon. J’ai préféré exposer le 31 janvier par un post sur mon site les raisons pour lesquelles, par souci de cohérence, je me plaçais en retrait de la campagne présidentielle. Que vais-je faire le 23 avril ? Honnêtement, je n’en sais rien encore. Ce n’est pas une coquetterie. Intuitivement, je suis plus en ligne avec la politique économique proposée par Emmanuel Macron.  Cependant, à la différence d’Emmanuel Macron, je crois à la pertinence de la différence gauche/droite, pas à l’invariabilité de la solution politique. Dire qu’une proposition est » et de droite, et de gauche » ou « ni de droite, ni de gauche » est quelque chose que je ne sens pas. Je ressens autant le devoir de l’exprimer que j’ai eu le devoir de dire que je ne n’étais pas à l’aise avec les choix économiques proposés par Benoît Hamon. Je crois au sens de la division gauche/droite, non pas par sectarisme - je respecte profondément ceux qui ont le cœur à droite -  mais, je me sens, comme homme de gauche, dépositaire d’une histoire, d’un itinéraire et de choix qui ont fait notre pays. C’est pour cela que je ne peux pas adhérer spontanément à un programme qui minorerait l’apport de ma famille politique, quand bien même, sur le thème de la politique économique, je suis assez à l’aise. Pour le reste, je me sens proche de Benoît Hamon sur l’écologie et les droits et libertés.

JFB : Vous avez aussi annoncé, qu’en cas de réélection, ce deuxième mandat serait le dernier…

Pierre-Yves Le Borgn’ : tout à fait, je suis attaché à la limitation du cumul des mandats dans le temps, en général, et j’entends me l’appliquer à moi-même. J’ai eu une vie avant d’être élu député, une vie d’entreprise que j’ai aimée. En parallèle, j’avais une vie de militant au Parti socialiste, avec des responsabilités. Pendant dix ans, j’ai dirigé la Fédération des Français à l’étranger du PS mais je ne me suis jamais considéré comme quelqu’un avec une ambition politique obsessionnelle au détriment de tout le reste. Ma famille et mon travail sont les deux choses qui comptent le plus pour moi. Je pense que j’ai de la force pour deux fois cinq ans, en termes d’action pour faire changer les choses, au quotidien. Les sujets ne manquent pas à l’étranger. Au bout de ces dix ans, j’arriverais, je crois,  au point où l’on essaie de durer pour soi-même plutôt que de continuer à faire. Je ne veux pas connaître cela. Je voudrais, si j’étais réélu, continuer à agir avec la même méthode que depuis 2012 : aller au contact, me battre pour obtenir des résultats sur les questions fiscales, l’enseignement, la protection sociale et les retraites, et m’en aller dans cinq ans, ma tâche accomplie.

JFB : La mission de député est un combat au quotidien pour faire aboutir des projets et des idées, parfois même au sein de sa propre famille politique, comment avez-vous vécu cet exercice ? Quel bilan tirez-vous de ces cinq années ?

Pierre-Yves Le Borgn’ : Pour obtenir quelque chose, il faut se battre y compris, parfois, avec ma famille politique. Ce fut le cas notamment avec la suppression des classes bilangues. Cela m’a valu d’être mal vu par mes collègues socialistes parce que j’étais en désaccord avec la Ministre de l’Education nationale, mais j’ai assumé. J’ai été privé de questions au gouvernement durant 18 mois en raison de ma défense des classes bilangues et de l’apprentissage précoce des langues. C’est aussi ça, être député : être libre et expliquer lorsque la direction choisie n’est pas la bonne. Et étant donné les soutiens que j’ai reçus des enseignants, des diplomates et élus d’outre-Rhin ainsi que de personnes tout simplement amoureuses de la langue allemande, je pense que l’action menée était légitime. Je peux également citer dans la même veine l’affaire de la CSG-CRDS. Depuis juillet 2012, j’ai expliqué à l’Assemblée nationale que prélever la CSG et la CRDS sur les revenus du patrimoine en France de personnes non-assujetties à la sécurité sociale française était une violation caractérisée du droit européen : l’on ne paie de cotisations sociales et prélèvements affectés que dans le pays où l’on est éligible aux prestations sociales. Je ne me suis pas fait que des amis en assumant ces positions mais je considère que le plus important est de défendre les intérêts de ceux qui m’ont fait confiance en 2012.

JFB : En 2015, vous avez abordé de manière très claire la situation des droits de l’homme en Hongrie lors d’une intervention devant l’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe (https://www.youtube.com/watch?v=ERpQcAdeLxE), aujourd’hui vous êtes à Budapest dans le cadre de cette mission…

Pierre-Yves Le Borgn’ : Je suis rapporteur général pour l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe pour la mise en œuvre des arrêts de la Cour européenne des droits de l’homme, c’est moi qui ai choisi de faire de la Hongrie et de la Pologne un « case study » et je veux le faire parce que je connais les difficultés de l’application des arrêts de la Cour en Hongrie. Mon rapport sera présenté le 18 mai devant la commission des questions juridiques et des droits de l’homme de l’Assemblée parlementaire, puis voté à la fin juin en séance plénière à Strasbourg. Cela fait deux ans que j’y travaille. J’ai le souci de faire respecter la Convention européenne des droits de l’homme qui unit les 47 Etats membres du Conseil de l’Europe. Cela vaut d’ailleurs pour la France aussi. Je regrette beaucoup que François Fillon ait indiqué vouloir dénoncer la Convention européenne des droits de l’homme en raison de la liberté des juges de Strasbourg. Je crois en tout état de cause qu’il faut  écouter le groupe de Višegrad, même si l’on n’en partage pas les idées. Il faut savoir dialoguer y compris avec la Fidesz, sachant que le dialogue n’est sain que si l’on pose nos différences. Je sais écouter. Il est cependant de l’intérêt de la Hongrie de comprendre que le choix européen qu’elle a fait impose des devoirs. Le nationalisme et le pouvoir fort ne sont pas des chemins européens.

JFB : Une dernière remarque ?

Pierre-Yves Le Borgn’ : Officiellement candidat à un second mandat de député depuis le 10 mars, j’ai décidé de mettre en veille mon site de député. Il est toujours consultable mais je n’y publie plus rien. J’invite donc les Français de Hongrie à consulter mon actualité sur mon site de campagne : www.pyleborgn2017.eu. Je suis et reste à leur disposition.

Propos recueillis par Xavier Glangeaud

 

 

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