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Amour et turbulences


By JFB - Posted on 30 mars 2014

Rencontre avec le réalisateur Alexandre Castagnetti

aux Journées du film francophone

Alexandre Castagnetti a rencontré son public à Budapest après la première hongroise de son film Amour et turbulences dont il a parlé spécialement pour notre journal. C’est une comédie romantique autour d’un couple durant un vol transatlantique entre New-York et Paris, le voyage le plus bouleversant de leur vie. En réalité ce n’est qu’une rencontre fortuite: Julie et Antoine se sont quittés il y a de longues années. Leur histoire d’amour reste un souvenir douloureux. Mais dans ce récit il y a du grotesque et de l’humour. Ce sujet de remariage est très français selon certains critiques.

 


 

Alexandre Castagnetti : Pourtant l’idée vient d’un auteur américain qui a écrit un scénario pour Hollywood – mais finalement, il n’a pas pu le tourner là-bas et les producteurs français m’ont appelé pour adapter ce scénario. En travaillant avec plusieurs auteurs successifs nous avons complètement transformé les scènes et les personnages qui - on a gardé simplement le principe qui est l’argument du film -  sont obligés, même s’ils se détestent, de se parler et de se remémorer  en flash-back l’histoire de leur amour... On a récupéré les codes du genre du remariage venant de Hollywood : l’histoire de deux personnes qui vont réapprendre à s’aimer.

JFB : Quels sont vos souvenirs les plus marquants du tournage, et dans quelles conditions avez-vous travaillé pour le film ?

A.C. : J’avais des producteurs exceptionnels qui ont suivi au jour le jour la fabrication du film. J’ai été gâté par la structure européenne de l’Universal Studio pour mener à bien cette histoire. Cela s’est très bien passé avec eux, j’espère d’ailleurs retravailler avec eux pour un prochain projet. L’enjeu pour moi c’était que je voulais faire un film autant romantique que comédie, ce qui en France n’est pas si courant. La comédie marche mieux que la romance – selon les producteurs. Je voulais suivre cette romance avec émotion, parler d’amour et faire un film qui soit esthétiquement joli et qui offre au public un moment de rêve avec de beaux costumes, de beaux décors , pour essayer de s’évader un peu.

JFB : Comment avez-vous choisi les comédiens ? Le casting est souvent décisif  pour attirer le public. Par hasard le même jour j’ai vu à Budapest Nicolas Bedos dans un autre film dans le rôle du séducteur  (dans « L’amour dure trois ans » - le film de Frédéric Beigbeder).

A.C. : Avec Nicolas Bedos,  pas tellement, par contre il est très connu à la télé parce qu’il fait les chroniques satyriques. Il est très provocateur, un peu agaçant et les gens le connaissent pour cela et pour son image séducteur ce que il n’est pas vraiment. C’est en regardant ses chroniques que j’ai pensé à lui : je venais  chercher un jeune garçon de 30 ans qui soit un peu connu mais qui ne soit non plus quelqu’un de trop usé pour des rôles de comédies romantiques et qui a cette élégance naturelle, ce côté physiquement très attractif, en même temps un peu mystérieux, provocateur, impertinent. Il correspondait au personnage. Il n’avait jamais joué la comédie avant mais il avait envie de démarrer une carrière d’acteur juste à ce moment-là. Quant à Ludivine Sagnier, je n’y ai même pas pensé au départ puisqu’elle est habituée aux rôles un peu compliqués de femmes perturbées dans des films d’auteur – avec, à chaque fois, de grands réalisateurs. Ce sont des codes respectés – un type de personnage émouvant. Elle a accepté de jouer ce rôle de la fille jalouse parce que cela faisait longtemps qu’elle avait envie de  jouer dans une comédie. C’était une super rencontre avec une actrice de grand talent. Pour les seconds rôles, mes amis ont joué : Jackie Berroyer ou Jonathan Cohen  qui est hyper doué et qui commence une belle carrière en France. Il y a ma fille que j’ai bien pistonnée – qui est la petite fille à côté d’Antoine dans l’avion. Et les autres, c’étaient des rencontres inattendues : Michel Vuillermoz et Clémentine Célarié, Brigitte Catillon et puis Arnaud Ducret, un très grand acteur de la comédie française ! C’est vrai, le casting pour moi est un grand atout du film.

JFB : Vous êtes très jeune mais déjà très connu grâce à la « Chanson du Dimanche » – toute une carrière grâce à l’internet

A.C. : Oui, totalement inattendue. Oui, c’est uniquement grâce à Internet, et c’est ce qu’il pouvait m’arriver de mieux. Car c’est le plaisir du public qui nous a fait connaître,  il n’y a eu aucune publicité, aucun groupe médiatique derrière. On était tout seul : deux musiciens et un troisième ami qui nous filmait. Le dimanche, il ne se passait rien, c’était un jour un peu triste pour nous. « Le pouvoir d’achat » a été aussi un gros tube. C’était un peu le fer de lance de Nicolas Sarkozy pour sa campagne : redonner le pouvoir d’achat. Puis cette expression a même perdu son importance, tellement elle a été répétée. On s’amusait beaucoup avec les mots, avec les paradoxes des discours des puissants pour les démystifier un peu. Les gens nous ont vu sur internet, et c’est ainsi que l’on a pu faire une tournée et venir jouer même à Budapest, au Gödör. D’ailleurs, on y  avait fait déjà des choses quand on était étudiant ; on faisait de  la musique avec un autre groupe qui s’appelait Beaubourg  et qui a joué deux fois ici à Budapest au Gödör. Les chansons étaient très belles, mais il n’y avait pas encore Internet à l’époque.

Éva Vámos

Photo : Csilla Katona 

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