Visage politique: Andy Vajna

Le cinéma hongrois est actuellement menacé par la crise économique qui l’affecte particulièrement. Il doit faire face à des dettes accumulées et des sociétés cinématographiques devenues insolvables. Andy Vajna, ex-producteur hollywoodien, a été chargé récemment par le gouvernement de trouver des solutions à cette situation critique.

 

Depuis plusieurs années la Fondation cinématographie hongroise, organisme public, n’est plus capable de verser les subventions de rigueur aux sociétés de production de films, faute de rentabilité du secteur. En effet, l’industrie cinématographique hongroise peine depuis un certain temps à rembourser les crédits qu’elle a contracté pour faire face à ses coûts de fonctionnement. L’avalanche d’entreprises mises en faillite risque de détériorer ce climat économique déjà critique. Une des solutions à cette crise récurrente dans le secteur cinématographique était donc que le gouvernement nomme un Commissaire chargé de la consolidation des comptes et de l’élaboration d’une stratégie nationale cinématographique. C’est chose faite puisque pour régler cette situation difficile, le gouvernement a mis sa confiance dans Andy Vajna, cet homme providentiel, expert dans le financement et le développement du cinéma et surtout producteur hollywoodien, revenu vivre en Hongrie depuis peu.

Expert en financement, développement et marketing cinématographique au niveau international, Andrew Vajna a débuté sa carrière dans l’industrie cinématographique en achetant des salles de cinéma en Asie. Il a fondé la «Panasia Films Limited» à Hong Kong, une société opérant dans la distribution, l’acquisition et la représentation de films. Après avoir négocié la vente de la Panasia à la Golden Harvest Company, la société de Raymond Chow, en 1976, Andrew Vajna fonde avec Mario Kassar Carolco une société spécialisée dans la vente, le financement et la distribution de films dans le monde entier. En moins de quatre ans, Carolco devient l’une des trois premières sociétés de vente internationale de films. En 1982, Andrew Vajna, fondateur puis président de l’American Film Marketing Association, fait ses débuts de producteur, en collaboration avec Mario Kassar, avec Rambo I (First Blood) de Ted Kotcheff. Le succès du film propulse Carolco au premier rang des sociétés de production indépendantes. Vajna et Kassar connaissent une nouvelle réussite avec Rambo II. Des films comme Terminator Renaissance, les Chroniques de Sarah Connor, Basic Instinct 2 figurent également sur la liste de ses productions. En Hongrie, il se lance également dans les affaires en ouvrant un magasin de la chaine Cavalli et le célèbre restaurant japonais, Nobu.

Aujourd’hui, ce n’est plus dans le domaine des affaires qu’il concentre son énergie mais plutôt dans le domaine politique comme commissaire chargé de «sauver le film hongrois». Avec la création de ce poste, le gouvernement souhaite donner un signal à l’industrie cinématographique hongroise, lui prouver que pour lui l’art cinématographique est une question prioritaire. Le gouvernement a, par ailleurs, mis un terme au fonctionnement de la Fondation de Cinématographie Hongroise, organisme public déficitaire, son niveau de dettes s’élèvant à 7,9 Milliards de Forints en 2010. « Je souhaite mettre fin à la période de fonctionnement irrresponsable qui a pésé sur le film hongrois. Il faut tout recommencer à zéro, avec une première année austère, pour pouvoir décoller à nouveau et de manière durable.» L’année 2011 sera donc destinée à la consolidation de l’industrie cinématographique, avec très peu de nouveaux films. Une nouvelle structure de fonctionnement sera mise en place pour modifier la législation en la matière. «Globalement, je suis chargé de la préservation, du développement, du subventionnement et de la coordination de l’industrie cinématographique hongroise », affirme M. Vajna.

Les difficultés de financement compromettent cependant l’organisation du Festival du film hongrois, seul concours national pour les oeuvres audiovisuelles. Comme cette année et l’année prochaine très peu de films pourront décrocher des subventions, il n’y aura pas suffisamment de concurrents pour organiser un festival de haut niveau. Le Festival du film hongrois est, depuis un certain temps, un événement de qualité en Europe de l’Est. S’il ne peut avoir lieu, la Hongrie ne pourra pas accéder à la position de leader régional cinématographique.

Kata Bors

 

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