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Santé psychique : comment se portent les Européens ?


By JFB - Posted on 28 février 2007

La question paraît anodine, et pourtant elle intéresse de près les organismes européens, en particulier dans le domaine de la santé mentale. L’enjeu est de taille car si l’on veut assurer à l’Europe un avenir serein sur le plan économique, il faut lui donner les moyens pour «se porter bien» sur le plan psychologique.
Depuis 1997, la politique de la santé de la Communauté européenne s’est investie dans de très nombreux projets concernant les fléaux de notre société tels le suicide, la dépression, la drogue, l’alcool ou la violence. Notons par exemple le projet «Promotion de la santé mentale des enfants jusqu'à 6 ans» (1997-1999), et la stratégie anti-drogue de l’UE pour la période 2005-2012.
 
Cet intérêt pour la santé mentale des Européens a pris une telle ampleur ces dernières années que la Commission européenne a décidé de faire appel à tous les Etats membres et candidats pour y remédier. Dans un Livre vert (octobre 2005) elle invite les institutions européennes, les pouvoirs publics, les professionnels de la santé, la société civile et les chercheurs à trouver les moyens d’améliorer la gestion de la maladie mentale dans l’UE. L’objectif est de parvenir à une stratégie communautaire, sachant que chaque pays n’accorde pas le même statut à la santé mentale.
 
Mais pourquoi une telle tension ? Parce que les chiffres inquiètent. On estime que plus de 27% des Européens d’âge adulte connaissent au moins une forme de mauvaise santé mentale au cours d’une année donnée, soit un citoyen sur quatre ! Mais que signifie précisément la «mauvaise santé mentale» ? Référons-nous à la définition qu’en donne l’OMS : «la mauvaise santé mentale englobe les troubles mentaux et la psychasthénie, les dysfonctionnements associés au stress, les symptômes de démence et les démences susceptibles de faire l’objet d’un diagnostic, telle que la schizophrénie ou la dépression.» La dépression est l’un des problèmes de santé les plus graves dans l’UE et devrait devenir, d’ici à 2020, la première cause de morbidité (rapport entre le nombre de malades et celui d'une population) des pays développés. A l’heure actuelle, sur le territoire communautaire, quelque 58 000 personnes se suicident chaque année. Ce chiffre dépasse le nombre annuel des homicides ou des décès consécutifs aux accidents de la route ou au VIH. Il faut savoir aussi que l’alcool et les stupéfiants sont souvent un facteur de déclenchement ou une conséquence aux troubles. Les pays qui notent les taux de suicide les plus élevés sont les Pays baltes, avec en tête la Lituanie (44 pour 100 000 habitants), suivis de la Hongrie. C’est la Grèce qui a le taux le moins élevé.
 
La mauvaise santé mentale coûte cher ! Outre les conséquences pour les malades et leur famille, elle coûte à l’UE de 3 à 4% du produit intérieur brut, par suite d’une perte de productivité. En effet, les troubles mentaux figurent parmi les principales causes d’absence au travail et expliquent de nombreux départs anticipés à la retraite ou mises en invalidité professionnelle.
 
Alors quels remèdes ? Une bonne coopération et coordination des Etats pour préserver la santé de ses citoyens, et favoriser l’insertion des malades et des personnes mentalement diminuées dans la société. Cela suppose davantage d’informations auprès du grand public pour moins de préjugés. Des efforts sont faits actuellement pour défendre les droits et la dignité des malades. Enfin, la prévention et le dialogue restent essentiels. Prenons l’exemple de l’«Alliance européenne contre la dépression» (EAAD) qui, depuis 2004, est parvenue à réduire le nombre de comportements suicidaires ou dépressifs en créant des réseaux d’informations régionaux entre différents secteurs.
 
Une enquête assez récente (Eurobaromètre spécial de juin 2006) sur la santé psychique et psychologique des Européens révèle toutefois que globalement l’état de santé des Européens apparaît bon. Si 66% se déclarent avoir été fatigués au moins quelquefois durant le mois précédant l’enquête, plus de 70% ne se disent pas limités dans leurs activités par leur santé, et 65% ont plutôt éprouvé des sentiments positifs et équilibrés !
Milena Le Comte Popovic

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