Edito

» Représenter l’irreprésentable «

Quand la chronique du cinéma est à la une

Chères lectrices, chers lecteurs,

Cette année, la grande révélation au Festival de Cannes - c'était un film hongrois, Le Fils de Saul, le film de László Nemes qui a remporté  le Grand Prix du Festival ainsi que le prestigieux prix FIPRESCI des critiques de cinéma.

Le film représente un chapitre mal connu de l’horreur des camps de concentration – et cela par un approche unique dans la représentation de l’Holocauste au cinéma. C’est un jeune réalisateur qui a passé la moitié de sa vie en France, mais retourne en Hongrie pour raconter l’extermination des Juifs Hongrois, dans un nouveau langage cinématographique elliptique et centré sur les visages.

François Cadilhon : Les Montesquieu après Montesquieu. Tenir son rang du XVIIIe au début du XXe siècle (1)

L’auteur de cette importante monographie sur les Montesquieu qui continuent la tradition familiale après la mort du romancier et philosophe est François Cadilhon, éminent historien, expert de l’histoire européenne des XVIIIe-XIXe siècles, qui se consacre à la recherche de cette époque dès le début de sa carrière. Parmi ses nombreuses publications, il faut évoquer celles qui sont rattachées à l’évolution de son université  (Bordeaux 3, Michel de Montaigne) où il est professeur et directeur de recherches. Il avait organisé, en collaboration avec certains de ses collègues un grand nombre de colloques dont récemment une rencontre internationale sur le sujet de la censure. Les actes de ces colloques et des recueils d’études assurent la diffusion dans les milieux universitaires et académiques les résultats des travaux scientifiques effectués à l’Université. François Cadilhon porte un grand intérêt à l’histoire et à la culture de l’Europe Centrale, ce dont témoigne sa synthèse sur la Hongrie traitant l’époque entre 1450 et 1850 (La Hongrie moderne, Pessac, 2005). Il a tout récemment publié avec l’aide de sa collègue hongroise Ring Eva l’article consacré au culte de la Vierge en Hongrie de la fin du Moyen-Age à nos jours dans le Dictionnaire historique de la Vierge Marie (2).

Image de la France en Hongrie ou la culture française dans les manuels scolaires après Trianon

Rencontre avec Catherine Tamussin

Catherine Tamussin a porté jusqu’en Grèce l’exemple de la Hongrie à l’occasion du colloque international de la SIHFLES qui s’est tenu à Athènes en mai dernier sur la culture dans l’enseignement du français. Dans son étude, elle a révélé un chapitre jusqu’ici très peu exploré, où l’on voit que, même au cœur d’une période de vives tensions entre la France et la Hongrie après la signature à Trianon du traité de paix qui a tant amoindri le pays magyar, l’image de la culture française dans l’enseignement n’en est pas moins restée positive car porteuse de valeurs universelles.

Catherine Tamussin a reçu la médaille Aurélien Sauvageot pour l’amitié franco-hongroise.

Nous l’avons rencontrée après son retour du colloque.  

L’héritage culturel de Jacques Leonard

Récits et photographies de la vie bohémienne à Barcelone

Souvent méconnue du grand public, la culture de ceux qu’on appelait autrefois « Bohémiens » fut le thème d’une soirée projection (deux films) début-juin à l’Institut Français par Romedia. Sa directrice, Katalin Bársony, souhaitait réunir les influences de trois réalisateurs de nationalités différentes mais d’origine commune, puisqu’ils sont issus de la communauté rom.

« Jacques Leonard : El Payo Chac » l’un des films présentés à la soirée, dresse le portrait du personnage singulier qu’est Jacques Leonard. Le projet cinématographique, conçu à partir de ses mémoires et ses 3 000 négatifs de roms barcelonais s’avère être une véritable autobiographie et un héritage unique, de par sa rareté et son originalité.

B comme Bordeaux, Berlin… et Budapest

BKL 8, ou Budapest Kultur Lab, à l’assaut de Budapest. Trente-six étudiants en première année de master journalisme étaient en immersion dans la perle du Danube du 8 au 16 mai afin de réaliser reportages vidéos et portraits. Objectif du projet ? “Délivrer un instantané culturel de la capitale hongroise”.

Zsolt Petrányi : « Les utopies positives sont des motivations nécessaires à l’humanité »

  Commissaire chargé de l’exposition Peace on Earth !, Zsolt Petrányi présente le travail de l’artiste Gyula Várnai pour la 57e  édition de la Biennale de Venise. Entre désirs d’utopies et contextualisation historique, le JFB l’a rencontré au pavillon de la Hongrie pour découvrir les différentes œuvres à travers l’œil d’un expert.

JFB : L'artiste semble plonger le spectateur à la fois dans l'idélaisation d'un passé nostalgique et dans un futur utopoique. Où se situe cette exposition dans l'ensemble du travail de Gyula Várnai? S'adresse-t-elle au passé, au présent ou bien au futur ?

La Reine de Saba (Die Königin von Saba) de Goldmark à l’Opéra de Budapest (Théâtre Erkel)

à la redécouverte d’un chef d’œuvre trop longtemps ignoré

Né en Hongrie, mais ayant passé la majeure partie de sa vie à Vienne, le compositeur Károly (Karl) Goldmark est considéré par ses compatriotes comme l’un des plus grands compositeurs hongrois du XIXème aux côtés de Liszt et Erkel (1). Egalement connu et apprécié des Autrichiens, Goldmark est pratiquement inconnu en France. On retient généralement de lui une ouverture (Sakuntala), son concerto pour violon et surtout son premier opéra, Die Königin von Saba (La Reine de Saba) créé le 10 mars 1875 à Vienne et l’année suivante à Budapest.

Les Puritains (I Puritani) de Bellini en version rajeunie au Palais des Arts de Budapest

 Créé en janvier 1835 à Paris quelques mois seulement avant sa mort à l’âge de 34 ans, les Puritains de Bellini passe pour être, sinon le meilleur de ses opéras, du moins le plus accompli. Le compositeur, qui venait de s’installer à Paris (1), prit un soin particulier à l’écriture de cette dernière oeuvre, où se fait sentir l’influence de l’opéra français. Les critiques en louent généralement la qualité de la partie orchestrale, particulièrement soignée, " affranchie de la dictature de la voix " (2), mais en déplorent tout en même temps la médiocrité d’un livret peu adapté. Servie dès l’origine par des chanteurs de premier plan, l’oeuvre connut d’emblée un vif succès. Si, après avoir été ensuite longuement mise en quarantaine (3), elle figure à nouveau au répertoire, elle n’est néanmoins donnée que relativement rarement, en raison de la difficulté d’une écriture vocale qui exige des chanteurs une parfaite maîtrise, tels les couples Callas-Di Stefano ou Sutherland-Pavarotti qui l’ont fait connaître par le disque.

La Hongrie rêve d’utopie à Venise

Avec une vision utopique, l’artiste Gyula Várnai offre un message de paix au sein du Pavillon de la Hongrie pour la 57e édition de la Biennale de Venise. Installations, vidéo et performances impromptues viennent accueillir les visiteurs amateurs d’art ou curieux promeneurs venus chercher un peu de verdure dans les giardini de la Sérénissime.

Festival stART : que l’amour pour l’art commence

Un groupe de jeunes étudiants Budapestois, tous passionnées d’art, s’est investi afin d’offrir une nouvelle dynamique aux musées souvent trop peu fréquentés par un jeune public. Réconcilier la jeunesse et les musées par l’innovation, le dialogue et la collaboration : tel est le pari de ce collectif. Cela promet une programmation riche en découvertes et animations, samedi 20 mai à la Galerie Nationale Hongroise.

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